‹ Confessions notes autobiographiquesChapitre 14 sur 52 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

la noire, prévalurent, ce fut dans la partie Science. L'arithmétique m'embarrassait passablement, la géométrie pour laquelle mon père m'avait pistonné en outre des répétitions spéciales du père Pointu (point U), le frère très scientifique du très littéraire patron de la pen< sion L., n'eut pour ma médiocre érudition ei^ fait d'X que d'assez modestes obstacles à me faire sauter. — Par exemple, en physique, ma. défaite fut mémorable.

— Veuillez, Monsieur, me donner la définition de la pompe aspirante et de la pompe foulante.

Ceci était dit par M. Puiseux, un redoutable savant, roux comme David, aux doigts poilus avec des bouts carrés, qui parlait d'une voix.

trop autorisée, hélas 1 ' " '

£t je répondis :

— Monsieur, la pompe foulante est une pompe

qui foule, et la poiiipc aspirante est une pompe qui aspire.

Il me fut déclaré :

— Très bien, monsieur.

(Une noire était impliquée dans cette ap-- .

probation.)

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Et voilà comme je fus reçu à Poral donc^

bachelier ès lettres à vie.

Surprise partout, dans mon for intérieur d'abord, à la pension ensuite, et surtout chez

nies parents peut-être, ravis quand même.

. . .Ët maintenant j*aborde rétroactivement ma vie de collège, m'exposant au blâme des hypocrites comme eut dit Phypocrite Jean- Jacques, et ne plaidant pas les circonstances atténuantes vis-à-vis de mes atténués contemporains.

Donc la sensualité me prit, m'envahit, entre douze et treize ans. Je crois même que dès lors ■ Je n'ai pas été ne sachant guère rien que mettre mes mains ailleurs qu'à droite et à gauche, sans les reposer là ou je le jugeais bon..., ou meilleur... encore !

Ceci dura dans les huit ans. Pitié, Messieurs, •et certes. Mesdames, de qui la revanche sur ces en quelque sorte prématurées ambitions, fut telle I

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JE dois pour m'acquitter en conscience des révélations dans lesquelles il me faut entrer» revenir d*un peu loin sur mes pas et parler à nouveau de ma toute prime adolescence, combien différemment, hélas ! des chapitres qui précèdent immédiatement le pénultième.

A rignorance quasiment céleste du premier communiant, à ('encore en quelque sorte inconscience du mauvais « renouvelant devait suc* céder, parallèlement à rincrédulité croissante, cette sensualité ridicule et d'autant pire qu'elle reste tristement impuissante... jusqu'à Texplosien prématurée d'une virilité facticement précoce, d autant pire à son tour.

Ajoutez à ces fatigues auxquelles se mêlaient

encore des remords, s'il m'est permis de m^énoncer et de me dénoncer ainsi, l'éveil tant puéril

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d*ai!lcurs de Thomme de lettres que j'étais destiné à devenir... Car il parait que j'étais destiné à devenir uh homme de lettres ! £t vous verrez d'ici le petit abruti que je ne manquais pas d'être entre mes quatorze et mes treize ans.

Mes « remords » ne laissaient pas, en outre, d'être parfois amusants, au fond, quand j'y pense, maintenant I Mon confesseur, quand il 'me chapitrait à propos de ce fameux sixième commandement dont je devais beaucoup plus, et beaucoup trop tard apprécier toute la haute et salutaire importance, avait coutume de me préconiser, lorsque le diable me tenterait, la prière, et la prière à mains jointes de préférence. Hélas ! je les joignais, mes faibles, mains, de mon mieux qui n^était pas toujours le mieux qu'il eût fallu, ni le plus longtemps possible...

L'homme de lettres, disons plutôt, si vous, voulez bien, le poète, naquit en moi vers précisément cette quatorzième année si critique,, de sorte que je puis dire qu'à mesure que se développait ma puberté, mon esprit, aussi, se formait, à sa façon que voici en quelques, lignes...

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