PREMIERS PARTIS
Cabaner et de Banville ; ce ne sont pas (hélas ! et Dieu merci ! ) les souvenirs de toutes sortes qui me manquent. On me reproche même comme une pose et une affectation d'en publier de droite et de gauche, par trop, tandis que ce n'est, ta plupart du temps, de-cî de-là, que débarras douloureux ou, comme ceci par exemple, •que pénibles confessions.
...De mes essais littéraires, je ne dirai rien, -sinon qu'ils furent détestables. J'ai d'ailleurs oublié, sauf quelques vers et quelques plans, -ces élucubrations parallèles à... de mauvaises habitudes, il me souvient, entre autres choses, que je pourrais qualifier en quelque sorte de masturbantes, car elles étaient bien le fruit •(quel fruit !) de mon « intellect » privé de tout commerce avec quoi que ce soit, bon sens, goût, tact, il me souvient donc, de Tébauche d*un drame sur Charles-le-Fou (lisez Charles VI) dont le premier acte (celui du bal masqué où le roi brCkle à moitié et commence à devenir maniaique) s'ornait d'une ronde orgiaque qui débutait ainsi :
Uigiiizeû by LiOOgle
Que l'on boive et que l'on danse Et que monseigneur Jésus
Avecque les saints balance
La chaîne des pendus l
Quant à vous informer de la suite de ce dra«^
me, non, vraiment, en bonne conscience, et vous ne le voudriez pas. Bornez- vous à savoir que lesecond acte, insistant sur le premier et formant en quelque sorte un second prologue, avait pour décor la légendaire forêt où l'infortuné monarque rencontrait une espèce de sauvage, bracon« nier ou tout simplement ivrogne dont la vue baroque et plus qu'insolite le fait tourner iovL définitivement. Et. dans les actes d*après, ea avant les Anglais, la guerre de cent ans et cœtera desideraniur I
Aussi, le projet, ô antithèse ! d'un Charlesle Sage: Je roi Jean, Etienne Marcel...
Exiïiïï un Louis XV en six actes ou un Da^ miens avec une sœur au Parc aux- Cerfs.
Le sang du peuple li cri vingince I
déjà...
Ùigiiizeû by i^OOgle
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ELAS ! il me faut rétrograder de ces in-
nocents petits efforts vers « l*Art » par
X JL devers une psychologie plutôt physiologique^ triste en tout cas.
Ce fut aux environs de répoqueoù se remuait en moi la manie des vers et de la prose (car je faisais aussi d*étranges nouvelles sous marines à la façon, plutôt, d'Edgar Poe — car Jules Verne, d'ailleurs jamais très imut coté dans ma curiosité, n'était pas encore inventé, que je sache, — et de quelle façon, justes dieux ! — et des contes dont l'Koffmann des Frères Sérapion se fût réjoui passablement, tant il y était naïvement plagié) que commença de grouiller dans mon. . . cœur ramativué dont j'ai parlé plushaut et, pour brusquer Taveu ridicule, il m'arri%'a dès lors d*éprouver à l'endroit de plusieurs camara-
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des plus jeunes que moi et successifs ou collectifs, je ne me souviens plus très bien, la jolie passionnette de T Esplanade à Metz. Seulement, au cas présent, la puberté venant, ce fut
moins pur...
Le voilà dévoilé, ce secret plein d'horreur 1
Toutefois il n'est que juste de dire avec empressement que mes « chutes » se bornèrent à des enfantillages sensuels, oui, mais sans rien d'absolument « vilain » — en un mot, à des jeunes garçonneries partagées au lieu de rester..* solitaires. Il y a là toute une philosophie et surtout une morale que je dégagerai peut-être ici même, bientôt.
Ouf ! ^ en attendant pour plus tard de mieux intéressantes révélations dans cet ordre d'idées et dans d'autres, parlons à nouveau littérature, voulez*vou8 ? puérile et adolescente littérature, rhistoire en abrégé, entendais je dire, de ma vocation, des mois d'apprentissage préparatoires aux années , et aux années d'instruction et d*éducation.
J'avais seize ans, j'étais en seconde, ayant passablement lu d'à peu près tout, poésie,.
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PRBIIIÈRS PARTIS
Tomans. de Paul de Kock à Paul Féval, d'A* lexandre Dumas à Balzac» voyages, traductions,
le tout dans mon pupitre, les Misérables qui venaient de paraître, loués à un cabinet de lecture du passage de TOpéra, — et j'avais déjà fait plusieurs pièces, les plus enfantinement « farouches » et intransigeantes, tous les Poémes Saturniens tels qu'ils parurent en 1866, •sans compter bien d'autres « poèmes » qu'un goût meilleur qu'eux me lit écarter de ce premier livre. Je disais dans le chapitre précédent -que jc ne publierais ici aucun de ces vers par trop de «jeunesse )>. Depuis, changeant d'avis, je ne sais, à parler franc, trop pourquoi, j'ai touillé dans le reste, encore assez considérable pour être encombrant, de mes paperasses jadis innombrables dans quel désordre ! pour donner quelque idée, au moins de ma « manière )>.d'alors. Je n ai rien retrouvé, mais rien de Yien retrouvé de ces essais où il y avait pourtant pour le moins autant d'intérêt que dans les •Poèmes Saturniens tels qu'ils parurent dans la première collection des poètes contemporains «chez Alphonse Lemerre, en les derniers mois de
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IIO CONFESSIONS
Seuis ont surnagé de ce d'ailleurs peu regrettable naufrage deux sonnets, Tun publié il y a. quelque deux ans, lors d'une tournée de conférences, dans un journal de Liège, si je ne me trompe. Qui diable avait déniché ' ce corbeai» d*antan ? Çà s'intitulait VEnterrement et lepremier vers allait ainsi :
Je ae sais rien de gai comme un enterrement...
L'autre a été publié naguère dans une chro^
nique de journal du soir par un quelqu'un signant <k Pégomas », que je remercie en laveur de la bonne intention ; le voici dans sa forme encorenaïve et déjà un peu raffinée. J'étais, quand jele fis, en seconde, ainsi que le rappelle le ciironiqueur en question qui, parai t-il, fut mon condisciple au lycée Bonaparte. Voici ce re* marquable morceau*