PREMIÈRE PARTIE
fortement décolletée sous son « mantelet » faisait au passant de chaleureux quoique discrets •appels, à l*ua desquels je me rendis par certain -samedi soir de mai, que j*avaîs obtenu un extat^
•exceptionnellement à la coutume de la pension •qui était de o'accordcr de sortie que le dimaa« che après la messe.
Je fus introduit dans un salon rouge et or qui ^vait plutôt Tair d'un café de province, seulement au lieu de banquettes et de tables, ce n'étaient que pouls et campés où des personnes médiocrement jeunes, attendaient grasses et patientes, i*hommage du client. La fumée des cigarettes de ces clames et des cis^ares des quelques messieurs attardés là sans doute en vue d^attentions et de précautions conjugales, créait une atmosphère nourrie à travers laquelle je discernai néanmoins une beauté en peignoir rose qui me parut sortable et potable bien que n*é* tant probablement ni l'un ni Tautre. Mais j'étais 4 l'âge des illusions...
L'élue de mes sens me fit monter un escalier que garnissaient de sourds tapis et nous arrivâ* mes dans une chambre toute fausses den-
telles sur tous les meubles» aux murs recouverts de lithographies voluptueuses et aial ar* tistiques.
De la nuit qui s'ensuivit, qu'en dire sinon rien,
absolument ? Aussi bien m'aperçois-je que j'ert al écrit un peu trop sur ce sujet. Car que vous, importe, lecteur, que j'aie été, ou non, heureux en cette aventure ? Toujours est-il que le lendemain matin je rentrai chez mes parents avec une mine qu'on trouva fatiguée et que je sentais grise et longue.
Ce qui n'empêche pas qu'après un... repos de quelques... mois, — et comme j'étais définitivement sorti de la pension L.. . et du lycée Bonaparte, muni de mon baccalauréat et d'une première (restée seule) inscription d'étudiant en droit, je recommençais sur nouveau frais dans des circonstances guère bien plus agréables ou relevées, et commençai à trouver la chose mieux qu'en première analyse.
D'ailleurs je continuai mes expériences avec une fréquence qui ne fit qu'accroître mes curiosités... non encore satisfaites à mon âge decin-^ quante ans passés.
Uigiiizeû by i^OOgle
PREMIÈRE fARTIE
Il ne me reste plus qu'à remercier le lecteur de sa patience à m'avoir prêté jusqu'ici (du moins je le présume) une attention que ]e le
prie de me conserver pour lors de la reprise de ces confessions, Cès nouvelles rîo^es sur ma vie seront d*un caracrlèrc à la fois littéraire et... social, de plus en [)lus foncé, comme concernant une existence de moins en moins lumineuse encore que plus éclairée, hélas ! d)ç ce moi compliqué, bien contre mon gré d homme tout simple et peut-être naïf...
VERLAINE en lS6S
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