‹ Confessions notes autobiographiquesChapitre 20 sur 52 · Deuxième Partie · texte numérisé non relu

Deuxième Partie

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E reprends le cours de cette histoire, j'allaisdire, debrigaods,

mettons, de ce conte de fées.

Donc, j'étais un peu^

trop peut-être, « initié », répéterais-jc, — initié, mai encore, j'étais si jeune I.

— à tout, ou à presque tout en fait de littérature... et d*autre chose.

En attendant de parler d'autre^ciiose, et de tant d'autres choses aussi, je dis et je veux -r-

cc m'est de toute importance au poiul de vue littéraire d'y insister — dire combien je fus véri-

ALBBRT GLATIGNY.

■tablement remué jusqu'aux entrailles par ces *deux poèmes, ies Vignes folles et Philomela. Dans le premier de ces chefs-d'œuvre ^ je

maintiens le mot que je me fais fort de prouver — je retrouvai mon cœur naît, mon espritj à la vent- vole, en outre de Fart de « tourner le vers » comme on dit vulgairement et bien, et après tout ! tandis que Philomeia me transportait par -sa malice initiale et sa miraculeuse outrance dans l'ordonnance magistrale du rliythme dur •et sûr de la rime toujours correcte sans grimace inutile vers une richesse bête. Ce pro* Jogue !

Peux monts plus vastes que THékla Surplombent la pâle contrée

Où. mon désepuir s'exila !

O Ton cri qu'emporte Borée, Philomeia, Philomeia 1

-et toutes les forces et toutes les grâces dont resplendit, dont sonne et résonne ce livre qui me fut longtemps, avec les Vignes Jolies, de •chevet.

Les Vignes folles^ qui sont à mes yeux le

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OBUXIÈME PARTIE 129^

meilleur gage qu*ait donné, parmi trop peu d'autres, puisque la mort nous l'a ravi si tôt, Glatigny, j*ea raffolais aussi et je m*en redis parfois^ malgré ma mémoire oblitérée, les strophes envolées toutes de verve et d'une si jolie et forteet saine, en dépit « des sujets », naïveté.

Comme il flétrit, en sortant, sans nul doute, tel endroit qui me rappelait tant )a maison,, démolie, de la rue d*Oriéans-Saint-Honoré :

Le stupide garçon qui sert en ce logis 1

et, comme, en revanche et sous forme de compensation, il célèbre, en faune qui s'y connaissait, une dame non encore ni plus déjà habillée :

Sur ton ventre qui brille L'ombre noire s'éparpille 1

...J'adorais, littéralement* ces deux poètes,, en attendant que je connusse et que j*aimasse

ces deux charmants garçons dequels l'un, hélas! est parti pour toujours, — mais dont l'autre,. Dieu merci I vit glorieusement, et robuste, et. gai, et plus jeune que jamais, et, dit-on, vis-àvîs des femmes !

C0NF£SS10NS

■ Comment fis-je la connaissance de Glatigny ? Ici <L Tauteur à Teacoatre de Tadage,

S'embarrasse

peu y — car ce fut au café de Suède que je le rencontrai, un jour qu'il était un peu pri»

d'absinthe et que j'en étais pris aussi... un peu aussi ?

Le pauvre ami ! Quelle verve drôle et quel

drôle de corps : long comme une anguille, souple comme elle ; pour ce qui concerne la verve, * quelle donc grandWerve il

Vous avait..»

« Donc ainsi employé, appartient au patois, si léger ! des Ardennes dont je suis à demi comme on a comme qui dirait une bague au doigt ou une plume au chapeau.

' Il avait une de ces philosophies comme je vous en souhaite (et à moi aussi). Par combien de misères et de mistoufles il avait passé ? autant, avant d'y même penser, compter les flots de la mer ou dénombrer étoile par étoile telle nébuleuse.

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DËUXikME PARTIE I3Î

^ J'ai dit « faune » et je savais, comme par ha- -sard, ce que je disais quand je l'ai dit.

' Non pas le

Vieux iiaune de terre cuite

<loDt on me rebat les oreilles, sous prétexte que j'en suis Tauteur bien innocent, à l'instar de Sully-Prud'homme, bien innocent, lui aussi, de -ce fameux yase Brisé,

Je dis « faune » à cause de ses oreilles évasées, de son nez effronté quoique pointu, et de -son rire si paysan, aux dents saines qui auraient pu mordre, sî son cœur, le meilleur qui palpitât, n'y eût mis ordre.

Quant à Mendès, je l'ai connu chez la marquise de Ricard, la mère très aimable de Texcellent poète languedocien qui fut, avec lui, fondateur du Parnasse contemporain^ Tout le monde aujourd'hui connaît Thomme exquis, le raffiné sans pair, si simple et si sinccre quand on est son intime et qull était dès ces époques reculées, avec un grain de gaminerie de haut ^oùt que vous avaient ses vingt-cinq ans,

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I3a CONFESSIONS

prestigieux de bonne verve et de belle au^ dace.

J*ai parlé longuement de ces deux poètes^ trop longuement peut-être, et à deux places.

Mais ce m'était un double devoir de reconnaissance et un infini plaisir. £xcu&ez-moi donc^ J*en ai fini, trop tôt à mon gré, avec eux.

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