‹ Confessions notes autobiographiquesChapitre 28 sur 52 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

rellement aucune sanction pratique immédiatequelconque. Toujours est-il, néanmoins, que, cette fin <l*après*inidi-là, attablé devant des> journaux illustrés qui furent et sont toujours ma lecture favorite, et au grand estomirement du., bon Sivry peu accoutumé à de pareils spectacles, je ne bus pas d'absinthe.

L'absinthe devait, comme la <i. vertu qu'on, quitte », prendre de dures revanches.

EU de temps après je partis avec ma mè*

re pour chez Toncle dont i! a été question,

JL à la campagne, près d'Arras ; là, dans le calme et la paix des champs, et un peu la solitude, malgré quelques parties de pêche et de chasse et de nombreux dîners dans de nombreux villages, où nous avions des « parents », je m'ennuyats un peu. L*ennuiest parfois, sinon un très bon conseiller, du moins, peut-être, un bon conseil. D abord il apaise les sens, tous, et Dieu ou plutôt le diable sait si les miens, tous, avaient el ont encore, je le crains, vieille bôte que je suis i besoin d'être apaisés ; puis sa saveur, par moments qui sont bons au milieu de

tant de fichus quarts d'heure, se fonce d'une après tout assez bonne amertume, s'acidule de quelque esprit de critique, ou pour mieux dire,

de froide et, donc rafraîchissante clairvoyance qui fait du bien, en quelque sorte, même moralise en aiguisant fût-ce au prix d'une souffrancedès lors digne d'un bon accueil...

Ma souffrance à moi. était, instinctivement, le besoin, qui allait presque jusqu'au désir tant il se rendait aigu par intervalles, « de changer de vie » comme dit Tamusante héroïne de Victor Hugo... Naturelleiuciii je n'allais pas sans, avoir apporté de ma vie de Paris, boissons, fil* les, toute cette bonne mauvaise odeur de vice et. de dcsurdrc qui persécutait les premiers Saints jusqu'au fin fond des plus austères Thébaïdes,. — et re ni*eût été, pensais-je, ou plutôt éprouvais-jc, un gros crève-cœur que de rompre avec ce délice, que de ne plus connaître la saveur des lèvres, des seins, de toute la chair, Ténervcment, l'excitcment des savantes et pcr\ erses, et à jamais en tous cas, ô oui ! inoubliables caresses de tant de femmes, pour ne parler que de< ce délice-là !

Ce délice 1 £t comme il est vrai, quant à cequi me concernait, ce mot, encore que je perçusse dès alors la littérale horreur de ces amours.

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