DEUXIÈME PARTIE
Vaïeul. L'arrivée dans la ville même était particulièrement pittoresque (je dis était ^ car depuis ces temps et pas depuis longtemps on a, paraîtil, démantelé « cette place forte » comme la -caractérise Monsieur Perruchon). Près d*ua demi-kilomètre avant de contourner le rempart pour se répandre dans un grand bassin appelé, pourquoi ? le rivage» la Scarpe se parait de toute une végétation sous l'eau qui devenait fantastique, orientalement, mille-et une-nuitamment belle quand le soleil y pénétrait et qui, par les jours de ciel terne, prenait un sombre presque ou tout à fait inquiétant... Une forêt noyée, avec des joies comme folles et des tristesses jusqu'à des terreurs ! . . .
- Le jour dont je parle, j'allai dans à peu près tous les cafés d* Arras qui sont nombreux, puis hantai quelques-uns, huit ou dix au plus, des •estaminets de ladite ex-capitale de l'Artois, qui sont innombrables. Résultat : une <k cuite ^ qui vint s'achever dans une maison de femmes et s'y éteindre dans des flots de « volupté »... à tant l'heure.
Je pris le train de minuit pour mon village
Ùigiiizeû by <jOOgIe
et le lendemain je me réveillai avec un mal detête et des nausées morales et autres qui me parurent un châtiment» mais un châtiment de* quoi ?
DE quoi ! Eh, bons dieux, de quoi donc en effetp sinon du jeûne rompu, de Cje salutaire ennui sottement plus encore
peut-être que roupabicment jeté à tous les vents de la ri bote et de la vadrouille 1 £t le tout, pour en arriver à quoi ? Même plus à l'entraînement d'autrefois — il y a licjà un un ire fois dans mon ^as présent» — même plus à Tenvie de recom* mencer que tout ivrogne ou tout coureur a dans le fond, mais bien la pituite démoralisée, mais bien le dégoût sans retour ad vomitum
Alors, sans transition, sans trop se douter de ce qu'il allait faire, j'écrivis à Sivry une lettre sans nul doute peu dans les règles, peu conforme à ce protocole d'ordre privé qu'impose la t:ivilisation dont nous jouissons, lui demandant, tout bêtement... la main de sa sœur.
IJO CONFESSIONS
La lettre écrite, je m*habillai en hâte et courus d'un trait à la poste. Trop tôt. Le bureau n'était pas ouvert. Je m^avisai que j'avais des. timbres dans mon porte-monnaîe, et ce fut d'une main tébnie, mais eu somme comme résolue que je jetai la lettre à la boite. Après quoi, je fis hâte vers la maison plus encore que tout à l'heure vers la poste, comme fuyant ua regret de la démarche précipitée, regret qui ne me rattrapa point et ce fut d*un bon cœur léger et tout palpitant d'une chère fièvre que, m'étant remis au lit, je dormis jusqu'à ce qu'oa vînt me réveiller à midi pour dîner.
Deux, trois jours se passèrent, moi tels, éternels, au bout desquels une lettre de Sivry ni'arriva, m'apprcnant que, comme moi, il avait mis les pieds dans le plat, que, stimulé par Fimprévu et la carrure tout plein gentille de ma. missive, il avait communiqué celle-ci, à sa sœur d*abord, puis à sa mère qui avait cru devoir en référer immédiatement à M. M..., son second mari. (Je parlerai peut-être en temps et lieu, de ces deux personnages si dissemblables en tout et qui ont tant influé sur ma vie...) La bienheu-^