‹ Confessions notes autobiographiquesChapitre 34 sur 52 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

rez pas la voir aujourd'hui ». J'entrai et m*in*

formai auprès du père qui me tint à peu près le même langage, et monta s'informer auprès de la mère qui me cria du haut de Tescalier : « Mais oui, venez donc. Votre visite lui fera du bien.»

C'était la première fois que je pénétrais dans la petite chambre toute blanche et bleue où se trouvait alitée ma fiancée. Je remarquai dès avant tout une photographie de moi disposée dans le coquillage d'un bénitier sur le mur et que je lui avais envoyée durant son séjour à la campagne, — et je fus infiniment touché ; mais des larmes eurent bien de la peine à ne pas me monter aux yeux quand mon regard se fut porté sur la malade et que ma main eut serré sa petite main brûlante : la jolie face si mignonne, si roserncnt blanche, elle était toute tachetée de rouge-violacé et un commencement d'en* flure tuméfiait les joues en sueur. La bouche néanmoins souriait pâlotte, hélas ! et les yeux, les vraiment et sincèrement beaux yeux qu'un éclat de fièvre aiguisait en ce moment me disaient des choses qu'exprimait à peine la voix quasiment éteinte.

t^B CONFESSIONS

Ce ne sera rien. Ne craignez rien. A propos, c'est pour demain les publications? Oui ? Oh tant mieux ! Je suis un peu fatiguée, le docteur ma dit d'essayer de dormir, je n'ai pas pu de toute la journée, mais à présent que je vous ai vu et parlé, je suis si contente que je vais m*assoupir en pensant à vous. A demain, sans faute, surtout ! »

Le lendemain était un dimanche. J étais libre toute la journée et toute la soirée. En me reconduisant, le père me confia qu il craignait que ce ne fût la petite vérole. Les gens de mon âge se souviennent que cette épidémie sévis* sait dès lors à Paris et devait persister jusqu'après la Guerre et Ja Commune. On juge de mon inquiétude et de mon empressement, dès mon premier déjeuner, après avoir prévenu ma mère que je ne rentrerais sans doute que pour dîner, invité à déjeuner en ville, lui disais je pour ne pas l'alaraicr i [uiti Iciiiciil, a me rendre rue Nicoiet, pour avoir des nouvelles.

La petite vérole s^était manifestement décla* rée et du délire commençait.

J'eus toutes les peines du monde à celte fois

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