‹ Confessions notes autobiographiquesChapitre 35 sur 52 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

•TOonter à la chambre de la malade, et cette fois •encore ce fut la mère — digne femme et grand •cœur à qui tout mon culte est dédié ! — qui m^'ntroduisit. Le père protestait : d*abord il ne fallait pas ouvrir la porte si souvent, et puis x'était contagieux et...

Je me moquais pas mal de cette objection, .par exemple ! mais elle était formelle et quand, -avec les autres, plus sérieuses, elles, elle fut apaisée par les infinies précautions prises pour me permettre, sur la pointe du pied, sous une .portière épaisse à peine relevée d'une main tiemblante de me tenir au seuil de la chambre, ce me fut un des instants les plus mémorables de ma vie. Mais avec quelque prudence que se fût opérée ma si discrète demi-intrusion, la onalade s'en rendit compte et d*une voix si faible, si faible, qu*il fallait en vérité toute l'intuition d*un père et d'une mère et d'un amoureux pour la distinctement deviner plus encore que ^la percevoir, dit :

— Paul, entrez dune et n'ayez pas peur. Je ^sais que je suis très laide en ce moment, car je ■<levine bien quelle maladie j*ai. Mais soyez

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tranquille, je ferai tout ce qu'on m'ordonnera

— et je ne me gratterai pas. Mais il paraît que ça se gagne et je ne veux plus que vous m'approchiez.. .

Comme je protestais gentiment et de tout un* cœur si convaincu, contre la sévérité par trop* affectueuse de cet ordre, elle ajouta dans un sourire charmant, faisant allusion à notre correspondance de naguère : <c C'est la dernière épreuve du prince Galaor y> et conclut : « Soyeaîbien sage et je guérirai bientôt, tout exprès^ pour vous. Seulement venez prendre tous lesjours de mes nouvelles... et continuez à me fairedes vers. Vous voyez d'ailleurs, je vous ai là toujours à portée de moi y>.

Et elle me désignait la photographie dont xï a été question.

Je me retirai sur un signe des parents. L'accès, de lucidité avait cessé et tout en refermant cautieusement la porte, j'entendis la faible voix chantonner et comme vagir.

A ma douleur très réelle et, comme toute trè& réelle douleur morale ou physique, très chaste, se mêlait» doi*je Tavouer, une manière de-

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