DEUXIÈME PARTIE
gélisait son corps plutôt légèrement disposé à devenir potelé» je ânis par oser lui faire comprendre, à travers combien de précautions (mais peut-être etait-elle, depuis le soir du baiser sur la bouche, pKis instruite de ce qui Tatten* dait dans l'état de mariage) qu*il serait cruel, inhumain à elle, et préjudiciable à tous deux, quoi qu'il arrivât et au cas où, le lendemain, on nous refusât, au terme du décret impérial, de prononcer la formule d'union tant attendue, de ne pas m accorder, avant le départ pour le régiment tout ce que je lui demanderais, fût-ce cette chose complémentaire dont lui avait parlé mon dernier petit envoi de vers. £lle me promit tout ce que je voulus, et fort de sa parole que je savais iidèle, je me relevai, plus ferme, mieux décidé au bien, redevins moi-même et l'ayant baisée bien gentiment sur sa menotte un peu fiévreuse, m'en allai dans je ne sais plus quel état à la fois joyeux et navré, mais en somme plutôt Ôten.
Nuit très calme, sans rêve. Réveil de bonne heure, plutôt jo}eux ! Au fond j'avais un bel espoir, une certitude, quelle certitude au cœur
2^ CONFtSMOXS
et aux sens ! En tout cas, irait bien. Car si j'étais amoureux, maintenant que l'amoureux pouvait compter sur 1 accomplissement de son désir !e plus direct, j'étais patriote aussi, et... oui^ me nie
Mourir pour la patrie
moyennant un amour satisfait qu'on a dans la
tête et dans le sang me paraissait vraiment bel et bon...
Nous arrivâmes rue Nicolet, ma mère et moi.
environ une heure avant que trois voitures de remise vinssent prendre la « noce composée de nos quatre témoins au nombre desquels, entre un médecin major vieil ami de ma famille et un savant de l'Institut, se trouvaient notamment mon regretté Léon Valade et M. Paul Foucher, beau-frère de Victor Hugo, l'homme ie plus myope de France peut-être, qui, moi, lui ayant été présenté par ma belle^mére comme le iiancé de sa fille, au sortir du concert Pasde-
loup, n*avait retenu de ma physionomie que ceci qu'il proclamait à tous ceux que cela pouvait
intéresser : « j'ai vu l'autre jour le futur de Mlle M... Cest prodigieux ce que ce jeune hom-