‹ Confessions notes autobiographiquesChapitre 6 sur 52 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

étant arrivé, nous émîgrâmes aux BatignoHes,

' quartier dès alors favori des militaires retraités. Mon père devait y retrouver et 7 fdre beaucoup de camarades dans cette classe de

braves et dignes gens, bons bourgeois sans 4'affre et Thorreur d'Homais et de Prudhomme. Du premier ils n*ont rien et s'il leur arrivait, par

un malheur à ne pas craindre, d'employer le langage du second, ce serait alors littéralement et dès lors très plausiblement qu*ils pourraient

dire que leur sabre fut le plus beau jour de leur vie !

' BatignoHes. Entrée rue Nollet (alors Saint*

Louis), II" 2, vue du premier par quatre fenêtres, sur la rue des Dames et la rue Lécluse. La rue Lécluse où je devais habiter plus tard, par deux fois, !a rue où tu habites, mon vieux camarade Edmond Lepelletier, quand tu t'ennuies à ChatoUy dans cette même maison et ce même appartement du numéro 3 qui te vit naître.

« Naître^ vivre et mourir (le plus tard pos* sible) dans la même maison ! f> Bonheur que tous n auront pas, bien qu'on ne puisse répondre de rien, encore quHl me semblerait fou que

je dusse mourir, après, c'est vrai, y avoir vécu» peu, mais vécu, dans la maison n** 2 de cetterue Ilaute-Pierre, probablement Hoch Stein ^'/ra^x^ aujourd'hui, qui fut témoio de mon entrée en ce monde. Qu*elle assistât à mon premier pas dans l'autre, voilà, je îe répète, qui ni'étonaerait en dépit de toute proverbiale possibilité.

J'ai dit que mon instruction en province n'avait pas été des plus rapides. Il n'est que ce Paris pour les progrès sérieux, mossieu 1 Et je fus mis, comme externe à l'institution W... dans la rue Hélène, une toute petite voie qui conduit de la rue Lemercier à l'avenue de Clicliy, olim^ ce qui veut dire, hélas ! « de mon temps »^ Grande-Rue des Batîgnolles. Le modeste pensionnat existe toujours, et dernièrement, en allant visiter le maître Eugène Carrière dans son atelier de la rue — pas dommage ! — Hégésippe Moreau, j'ai revu, à travers les barreaux verts de la porte à claires voies, la cour aux quelques rangées d'arbres espacés suffisamment pour qu'on y pût jouer de-ci de-là aux quatre coins et au fond le perron aux deux rampes de fer d'où, à une distribution des prix, je récitai la fable du Cliêne et du Roseau^ dont je me

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