LIVRE PREMIER
ILLU8I0H
21 mon ami ®l)f oî>o« JHéiuau.
Qu'on aime à respirer la rose de la vie, Lorsque , bouton vermeil, elle s'ouvre ravie, Aux premières douceurs , aux molles voluptés Que versent les soleils précurseurs des étés ! Ce bouton qui rougit , c'est notre adolescence , La sève y monte et bout , suave effervescence ,
Si les illusions en corrigent l'ardeur
Par leur charme enivré d'amour et de candeur,
Animé par la foi , \oix ineffable et tendre ,
Qu'on écoute par l'âme Heureux qui sait l'entendre,
Car la foi se répand des cieux sur les coteaux , Sur les jeunes soupirs, sur les bois, sur les eaux, Sur les quinze ans naïfs de la A^ierge qu'on aime — La foi ! tout semble pur et beau comme elle-même.
En ces doux souvenirs, oh ! que d'attraits puissans ! Qu'ils réveillent le cœur et ravivent les sens ! Descendant pas à pas vers la froide vieillesse , On aime à s'arrêter pour rêver sa jeunesse , Et rebâtir sa vie au paternel séjour En disant grain par grain son chapelet d'amour.
Moi qui, me nourrissant de cette humble ambroisie, Ai dans le cœur humain puisé ma poésie ; Moi qu'un peu de soleil, un sourire, une fleur, Consolent , fatigué de traîner ma douleur ,
PREMIERS SCH VEMIRS. •;
Je vais .1 mon passé , j y cherche oea images Qui m'avaient apparu comme l'étoile aux mages.
Eh! (jui n'a point pleuré ces scntunrns h frais, Si vierges, si touchant, si purs de ions regrets, Êclos sons les regards de la première faune
Qui nous apprit l'amour , heureux éveil de l'âme? — Alors on ne prévoit ni vètemens de deuil , Ni sanglots au chevet, ni bruit sourd du cercueil , Qui se ferme à jamais sue la tète glacée Et sur deux yeux éteints où vivait la pensée.
Si novice qu'il soit, l'amour a des tourmens ; — Je couvais au hasard mes vagues sentimens , J'aimais à regarder l'aubépine fleurie, \ marcher nonchalant à travers la prairie ; Echappé du collège , à loisir j'y rêvais. Le collège ! ... on le vante; eh bien , moi, je le hais ! Des tempsgrecs et romains on y vend les mensonges, On allaite l'orgueil , on y pèse des songes ,
On attache la gloire aux pompes d'un écrit , D'une ardente chimère on nous brûle l'esprit , A mesurer des mots on épuise nos veilles , Et, tout empoisonné de ces fausses merveilles, On nous jette sans frein dans la société, Brisant de jour en jour notre idéalité , Qui , par tant de cœurs durs lasse d'être honnie , Peut de son désespoir heurter leur ironie.
Si mon jeune horizon se déployait moins noir , C'est que je regardais au prisme de l'espoir; C'est que l'illusion magnifique et sereine , Dans mes rêves d'alors se promenait en reine -, Et c'est qu'au Fort-Louis, épiant leur réveil, J'allais me fasciner des rayons du soleil , Qui , diamans de feu sur les flots indociles , Argentaient au lointain la ceinture des îles. Les rochers étendaient leurs blanchâtres frontons , La baie en s'enfonçant découpait ses festons , Les barques devant moi passaient dans l'étendue; En ces immensités mon âme suspendue ,
An Dieu qui colorai! 1rs plantes bous mes pas Offrait son vague instinct, qui ne comprenait pas; Ou seul, me promenant de falaise en falaise, Je voyais manœuvrer l'active escadre anglaise De nos Forts assoupis habile à s'approcher; Ki que j'aimais à a oir les boulets ricocher Autour de la péniche , au long remous de lames , Berçant les matelots inclinés sur leurs rames!
Le dimanche j'allais à l'église; le soir, Quand les parfums bénis brûlaient dans l'encensoir, Elle priait, et moi me tenant en arriére, Je disputais à Dieu l'ardeur de sa prière. Qu'ils sont beaux, à seize ans, les dimanches d'été! Que la campagne rit à votre œil enchanté ! Comme il est savoureux ce limpide laitage Qu'on boit en aspirant la fraîcheur de l'ombrage ! L'hiver, on danse, heureux de lui presser la main , A ivant de ses regards , bonheur du lendemain. Quel trouble à dérober la fleur qu'elle a cueillie Et qu'en vous la montrant près de vous elle oublie !
3o PREMIERS SOUVENIRS.
Oh ! comme ils sont remplis ces précoces amours Où rien ne fut donné que d'espérer toujours !
Vieil Homère du nord, tes brumeuses images D'un combat fantastique animaient les nuages, Quand , au bord de la mer lisant par un temps gris , L'hydromel de tes chants m'enivrait les esprits ; Ossian, j'écoutais tes sonores mêlées, Tes femmes aux tombeaux pleurant échevelées , La voix du barde absent leur semblait retenir La part des guerriers morts aux voix de l'avenir; Et des bardes alors j'admirais la puissance, Leurs paroles de paix, hymnes de renaissance , Sacerdoces debout aux pierres des tombeaux, Dans la nuit de l'orage intrépides flambeaux.
Ennuyé des travaux d'une incertaine étude , Je me sentais parfois saisi d'inquiétude : ZSnit close, quand la pluie aux vitres ruisselait , Et que le vent d'ouest en mugissant soufflait ,
PREMIERS SOUVENIRS. h
Négligeait ma lecture et m'appuyanl la tête, Avec recueillement jïvouiais la tempête; Près de moi , j'entendais comme une étrange voi\; Ma lampe s'agitah h s'éteignait parfois; Cette lugubre \<>i\, renaissant obstinée, Me semblait par moment plaindre ma destinée. — INlais oes bulles d'iefîroi s'évaporaient dans l'air, Et quand mon océan d'un soir paisible et clair Réflétail les splendeurs sur la vague endormie, Quand une attention de mon espoir amie Souriait tendrement à mes premiers essais , Alors un avenir tout peuplé de succès Se dessinait à moi comme un lointain mirage ! Ravissante amitié , qu'était-il? Ton ouvrage! Que je t'ai bien comprise ! et qu'il savait aimer ! Toujours mêmes désirs nous venaient animer : L'un achevait la phrase à peine commencée , L'autre de son ami devinait la pensée.
Pourquoi cette amitié survit-elle aujourd'hui ; C'est que lui c'était moi , c'est que moi c'était lui.
Solitaires parfois , loin de nos camarades ,
Nous allions contempler le mouvement des rades ,
Les îles , les pertuis de voiles parsemés ,
Et plonger dans les flots de sels tout parfumés.
Mais les brouillards planant sur nos côtes pelées,
De la cloche du soir les mourantes volées ,
Le crépuscule ardent qui, jaillissant des eaux,
De sa teinte changeante empourprait les vaisseaux;
La base de nos tours par les vagues mouillée ,
De son luxe de gloire à présent dépouillée ,
Venise d'occident , veuve de ses grandeurs ,
La ville se parant de ses vieilles splendeurs ;
De notre phare éteint la flèche aérienne ;
Jadis reine des mers aujourd'hui plébéienne,
La cité deux cents ans fière de murs épais
Que Richelieu brisa de son baiser de paix ;
Le commerce accueillant sa tristesse polie,
Ces tableaux allaient bien à ma mélancolie !
— Et parfois , tout un soir, sur des rochers assis,
J'ai regardé la mer, les tours et les glacis.
J'aimais la Fête-Dieu, son cortège mystique, Ces roses, ces bluets, qu'on lançait vers les cieux, La foule des chrétiens sortant par le portique , Les cloches, les canons, les chants religieux, Les paroisses marchant auprès de leur bannière , Les brillans reposoirs, les croix du Rédempteur,
Et l'encens qui brûlait , parfum de la prière ; Et le ciel me versait un espoir enchanteur.
J'aimais ces jeunes voix, musique vierge et tendre,
Que la communion sanctifiait encor,
Chantant de saints versets qu'on se plaisait d'entendre ;
J'aimais ce vaste dais aux belles franges d'or,
Les éclats des tambours et puis cette harmonie
Dont le contraste doux s'élevait par momens ;
Je croyais que la terre au ciel était unie ,
Et qu'un Dieu comprenait les purs gémissemens;
Et lorsque, remplissant l'immense place d'armes, Le cortège épandait sa sainte majesté , Quand le recueillement parfois mêlé de larmes Attendait à genoux , humble en sa piété , Quand au bruit du canon qui saluait la fête , Du haut du reposoir notre évêque adoré (i) De ses tremblantes mains élevait sur sa tête Le prestige lointain du calice doré;
Quand tout s'agenouillait, nommes, vieillards et femmes, Jeune* filles, enfans, par on instinct d'amour, Quand la solennité, rayonnant dans les âmes, Semblait de plus d'éclat empreindre aussi le jour, En mon cœur de dii aih mon sang coulait plus vii<-, Mon genou frissonnant sentait !<• sol frémir; Ma \oi\ s'embarrassait d'une plainte subite.... Déjà , pour moi , prer ce n'était que gémir.
J'allais, dès le matin, errant de rue en rue, Admirer les tapis aux porches attachés , Seul au sein de la foule aux carrefours accrue , J'en cherchais les sujets à mon savoir cachés; Immobile devant les inégaux portiques , J'étais plus d'une fois heurté dans mon chemin , Je ne devinais pas les légendes gothiques, Et pourtant j'y songeais encor le lendemain.
Par un beau jour d'été je voyais aux arcades Suspendre les tapis de palmes embellis,
L'obélisque parer le bord des promenades ,
Et de notre drapeau des fleurs orner les plis;
La mer avec orgueil semblait mouiller la rive;
La ville rayonnait , on eût dit le saint lieu
Et le jour des Rameaux, quand Jésus-Christ arrive,
J'allais, et je disais : k Est-ce la Fête-Dieu? »
— Celui qui va venir est fils de son épée , Celui qui va venir est créateur de rois , Celui qui va venir à la France trompée A jeté de la gloire en lui volant ses droits; Il connut l'indigence, et ce fougueux génie Qui semble dans lui seul avoir mis son appui , Ne mesurant jamais sa pensée infinie, Ne s'étonne de rien, non, pas même de lui.
C'est de l'égalité le redoutable apôtre , (2) Il sème autour de lui ses prodiges de feu , Il sort d'une victoire et marche vers une autre : Démolir un royaume est pour sa main un jeu.
LES TAPISSERIES. 3g
Il décrit 1<- suocca quand !<■ combat commence; M lanoi ii qui résiste un décret souverain, Fond les canons vaincus dans la fournaise immeuse, El fait mouler sa gloire en colonne d'airain;
Quand il court à cheval en des Ilots de fumée, Impassible cl de bronze à des scènes d'horreur, La foi qu'il a dans lui passe dans son armée, L'hosanna des soldats, c'est : Vive l'Empereur î Il enjambe les monts; sous la frêle enveloppe, Jamais dans ce péril son coeur n'a palpité; Toujours par la pensée il a pétri l'Europe : Que le ciel ait sa foudre, il a sa volonté!
Qu'il eut été plus grand si , soldat consulaire ,
Semeur d'indépendance , au galop emporté ,
Des léopards jaloux muselant la colère ,
11 eût sur la Victoire assis la Liberté!
Mais se voyant au faite , il fut pris d'un vertige ,
On rampait; il se dit : Qu'est-ce donc que je crains?
4o LES TAPISSERIES.
Lui-même il s'adora comme un divin prodige ; L'orgueil le fit descendre au rang des souverains.
Juif errant couronné , tourmenté par lui-même ,
Chassant la Liberté, notre Christ idéal,
Il porta quatorze ans son sublime anathème ;
Du démon des combats il s'élança féal ,
En vain de tous côtés on lui criait : Arrête !...
Il allait, fasciné par un but décevant,
Il allait, ayant soif toujours de la conquête :
« Une victoire encor, disait-il; en avant! »
L'Italie , en avant ! — Te la voilà soumise.
— Pour vaincre l'Angleterre , en Egypte, Français !
L'Orient! l'Orient! c'est ma terre promise;
Peuplons tout l'Orient de magiques succès !
Les Mamelouks ont fui sur leurs chevaux numides,
Le simoun du désert est un enfer mouvant ,
Et tout dort immobile autour des pyramides. (3)
La France est menacée , on l'attaque; en avant!
LES TAPISSERIES. i»
— En avant I Marengol Desaii meurl ! — à L'Autriche ! Elle signe avec Londre on traite menaçant , Km victoires pour nous cette contrée esl riche; Bien, de Vienne à Berlin nous irons en passant. Mrs frères, il VOUS faut maintenant des couronnes, \ ous régnerez par moi , VOUS m'écrirez souvent : A mon trône sacré je veux souder vos trônes. Je t'en dois un, Joseph! en Espagne! en avant!
— En avant ! et toujours il reprenait sa course , Consommant des soldats, écrasant des chevaux ; Toujours il avait soif, toujours fuyait la source ; Il s'en allait broyant tous les sceptres rivaux. Par Essling et Wagram il retournait à "Vienne , S'attacher aux Césars par un nœud décevant
— Louise , de l'amour ; ta bouche sur la mienne ; Un fds ! — mais la Russie. . . il faut vaincre ! en avant !
En avant!... Polonais, n'attendez rien d'un tronc Où de quatre-vingt-neuf le destin s'entrava;
Jamais la Liberté ne demanda l'aumône
Fustigé par sa gloire, il va, toujours il va. 11 traverse Smolensk de débris parsemée; Pour saisir l'ennemi qui s'échappe souvent 11 ouvre les grands bras de son immense armée , Et soudain l'ennemi disparaît En avant!
A Wilna , sur sa table il jette son épée
S'arrête-t-il enfin?... Il reprend son essor.
Où va-t-il? A Moscou! Dès qu'elle est occupée,
Il médite la paix pour conquérir encor ;
C'est dans l'Inde qu'il veut accabler l'Angleterre... On frappe; c'est le feu, c'est l'hiver, c'est le vent, C'est la neige, linceul des corps roidis à terre; Calme, il montre la France, et s'écrie : En avant !
En avant pour Lutzen avec sa jeune armée ! Mais à force de vaincre il s'épuise; ils sont trop! Puis vers la France encor qui s'agite alarmée ,
Par une antre victoire (à) il retourna ni g;>l<>|> L'Europe <si contre lui ; plus rapide il s'élance : Tous ces roii eflirayea reculaient bien souvent I — Paris est pris! — N'importe! Eu ayant! — Quel silence
Aucun des généraux ne répond : SB a\anl!
En avant! a-t-il dit en partant de son île; De clochers en eloehers l'aigle soudain vola ; Mais à la Liberté l'aigle fut indocile, /Vu champ de Waterloo son dernier sang coula. La prison sans repos! 11 l'eut à Sainte-Hélène, Homicide cachot d'un climat énervant; Il disait à la mort qui glaçait son haleine : < rrance!.. Te te d'armée!..)) — Et la mort : «En avant!»
— Je ne mesurais pas sa \aste destinée; Je savais seulement qu'il était l'empereur ,
iianau
Qu'il faisait chez les rois, d'une course obstinée,
De combat en combat, voyager la terreur;
Je savais que la gloire organisant nos fêtes,
La Victoire toujours le suivait pas a pas;
Et quand, six ans plus tard, on m'apprit nos défaites,
J'écoutais les récits et ne comprenais pas.
Le voici, le voici ï suivi d'un long cortège;
11 passe, recueilli dans son contentement,
Avec ce beau regard qui charme et qui protège,
Noble éclair de génie et de commandement.
On se presse, on accourt : c'est lui ï Le canon gronde,
Unissant à la fois le salut et l'adieu;
Car il part , galopant pour conquérir le monde :
Peu de chose manquait à cette Fête-Dieu.
Enfant, je fus témoin de ces cris d' allégresse , De ces bruyans transports que son geste accueillait, De cette majesté d'une indicible ivresse, Sur des bords radieux que l'Océan mouillait ;
LES TAPISSERIES. | i
J'admirais ces tapis étalés a la Fête
Du calice divin porté hors «lu saint lien ,
Ki , voyant adorer le Died <!<• la conquête.
Je médisais : «Est-il plus grand que l'autre Dieu?... «
On dépouilla les murs de ces tapisseries, Et l'ardente ferveur s'apaisa par degré : Les guirlandes tombaient à moitié défleuries, Le peuple en son silence était enfin rentré ; J'errais , et j'entendais déplorer sur ma route La mort de nos soldats en Espagne surpris ; Et quand la nuit du ciel vint éteindre la voûte, Mon pied heurtait des fleurs et des lauriers flétris.
^s)*4NE*^
LES TOITS
Sur le toit des maisons jaimais à me coucher, Et je sentais de moi les cieux se rapprocher :
Bizarre et douce fantaisie !
J'aimais à regarder les clochers et les tours, De la rue en rêvant je suivais les détours ;
Les toits , c'était ma poésie.
5o LES TOITS.
D'un cercle de jardins l!air montait embaumé ; La ville s'étendait sous mon regard charmé
Par un soleil riche en lumière ; Couché, je contemplais l'éclat du firmament Dont l'azur infini rayonnait mollement
N'était-ce pas une prière?
Le bruit de la cité sous mes pieds bourdonnait, La cloche dans l'espace en tintant résonnait,
Ou lançait de longues volées ; En de vagues desseins souvent je me perdais, Et les sourdes rumeurs que toujours j'entendais
A mon âme semblaient mêlées.
Que de soldats lancés sous le feu du canon,
Que de vierges pleurant, que de formes sans nom,
Que de fantastiques images , Que de géans hideux , que d'épais bataillons, Que de vaisseaux heurtant leurs mâts, leurs pavillons,
J'apercevais dans les nuages !
LES TOITS
Tout devenait spectacle à mon reouei|lemenl : L'ardoise scintillante au toit d'un monument ,
Les vapeurs sut les ckemineas, La mouette des mers sur ma tête folanl , Kl des feux «In midi tout le ciel ruisselant,
Ou quelques pâles graminées.
Le péril me charmait : Au bord glissant du toit, Que regardais-je ainsi debout sur l'angle étroil ?
Était-ce la verte charmille?
De la Tour et du Temple étaient-ce les débris, Ou des rosiers en fleurs le suave pourpris?
Oh non ! c'était toi , jeune fdle ï
Toi, douce et ravissante, en promettant l'amour; Bouton s'ouvrant à peine au tiède éclat du jour,
Blonde et de toi-même ravie !
Pour ces regards, Louise, empreints d'un tendre émoi, Et ces aveux d'amour que j'y rêve pour moi ,
Cent fois j'exposerais ma vie.
52 LES TOITS
À l'église en passant je te verrai demain;
Et, sans doute au retour, ma main pressant ta main,
J'écouterai ta gronder ie.
Pour prix de mon danger il me faut un espoir : La longue allée est sombre, y viendras-tu, le soir,
M'enivrer de ta voix chérie?
Au collège, vois-tu, je suis grondé pour toi ; Car je n'entends jamais ce qu'on lit devant moi ,
Je néglige mon devoir même :
Quand Horace me dit ses folles voluptés, Quand Virgile me peint ses fraîches déités ,
C'est toi, c'est toujours toi que j'aime.
Je le sens bien , des vers le charme est décevant ; Tu brûles dans mon sein comme un désir vivant ,
Je mériterai ta colère ; A pardonner l'amour l'amour est toujours prompt. Si les lauriers des prix te plaisent sur mon front,
Je les aurai tous pour te plaire.
LES TOITS
Demeure a la fenêtre; encor quelques instansj Le crépuscule encore a des jets éclatans ;
Mais ta léte vers moi se penche
La cloche sonne-t-elle une prière à Dieu
Ou l'ennui d'une classe/... Adieu, Louise, adieu !
Demain c'esl notre heureux dimanche.