‹ Confessions poétiquesChapitre 34 sur 38 · AU ROITELET · texte numérisé non relu

AU ROITELET

Retourne sur Ion nid, je rêve à l'avenir ; Petit, couve tes œufs, et moi mes espérances.

Pour ne pas t' effrayer, tiens, j'y rentre à pas lents; L'espace est bien étroit, mais il peut nous suffire. Eteins tes petits yeux de peur étincelans , Je me tiens immobile , à peine je respire ; Je n'ai point contre toi quelque mauvais dessein , J'aime ce lieu, j'y viens méditer nos souffrances, Son repos embaumé pénètre dans mon sein. Petit, couve tes œufs, et moi mes espérances.

Reviens donc; près du seuil tu voltiges, léger, Sur les pailles du toit déjà tu te balances ; Tu t'enfuis, tu reviens, essayant le danger; Joli sylphe emplumé, tu bondis, tu t'élances. Viens, je ne bouge pas pour calmer ton émoi : Viens, j'apprivoiserai tes timides souffrances. Te voilà dans ton nid, et je médite , moi ! Petit, couve tes œufs, et moi mes espérances.

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