‹ Confessions poétiquesChapitre 35 sur 38 · DE LA CABANE · texte numérisé non relu

DE LA CABANE

V;i, nous nous entendrons : toujours avant h nuit.

Je sortirai d'icij j'aime ;• voir disparaître

Le disque «lu soleil dont la splendeur l'enfui t,

Laissant de beatn reflets, jour qui semble renaître ;

Là, les illusions me reviennent charmer,

Je n'ai plus souvenir de mes jeunes souffrances ;

Autant que j'aimerais, je crois qu'on peut m'aimrr.

Petit, couve tes œufs, et moi mes espérances.

Je ne me suis pas dit dans un stérile orgueil : « Mon feu ranimera notre foi presque éteinte. » L'hôte nouveau se tient humblement près du seuil ; Des folles vanités il n'a plus l'âme atteinte , Car le premier souvent peut être le dernier : Dieu brise d'un regard nos vaines assurances, Au trésor de la foi j'offrirai mon denier. Petit, couve tes œufs, et moi mes espérances.

vu

Tibère, au sein de Rome, égout pompeux du monde. Cuvait ses voluptés et sa puissance immonde ; Sa triste majesté se nourrissait de sang , Et dès qu'il soupçonnait, nul n'était innocent; Les vices dominaient sur les vertus honnies; Mais la pourpre tombait aux sales gémonies,

Et la plèbe en haillons , d'un mépris souverain , Conspuait en passant ces demi-dieux d'airain ; Ses crocs injurieux les traînaient dans la fange. La, de cent nations s'agitait le mélange Comme un vin qui frémit dans un vase brûlant ; Là, passaient des Verres tout fiers d'un or sanglant; Sur des coussins persans la courtisane impure Au Cirque promenait un œil plein de luxure Du lier patricien au vil gladiateur; La matrone achetait les baisers d'un acteur, Les perles d'Orient ornaient ses laticlaves , Pour nourrir ses poissons on tuait des esclaves , Et plus d'un affranchi, de nard tout parfumé, Mêlait les pleurs du monde au Falerne embaumé : Aux cœurs vils, des trésors et d'infâmes délices ; Aux nobles cœurs l'exil, les cachots, les supplices; Et, juste, condamné, mais non pas abattu, Thraséas expirait coupable de vertu ; Un sénat sans pudeur, prompt à la servitude, Du soin de se flétrir semblait faire une étude, Et son César honteux remuait d'une main Ce mobile bourbier qui se disait Romain.

LE CHIMSI I AMSMI

Et l'impie , égaré dans sa folié impudeur» , D'un ion blasphémateur mail là Pr*yridene< Dei dhôses d'ici-bâé Dieu lui semblait absent ; Mais dans Jérusalem le lils de Dieu descend, Tendre, simple de cœur en précnam' sa doctrine,

Semant par les eliemin.s sa morale (li\mc.

Il allait enseignant la tendre charité,

La dignité de Tàrne et son éternité,

La prière , la foi, le pardon des injures;

Comment des affligés on guérit les blessures ,

Et comme on doit verser sur le front bien aimé

Son amour le plus pur et le plus parfumé, (i)

Il allait colorant ses douces paraboles;

Les foules recueillaient le grain de ses paroles.

Il allait en tous lieux priant et bénissant ;

Puis sur le mont Thabor, calme , resplendissant,

Il recevait de Dieu l'inspiration sainte ,

Du temple profané purifiait l'enceinte ,

Et de sa mission parcourant les dangers,

Confondait les docteurs, touchait les péagers,

S'avançait pas à pas à travers ses tortures, Patient sous les fouets déchirant ses blesssures, Trahi , vendu , raillé , sous sa croix chancelant , Buvant le fiel , frappé par une lance au flanc; Heureux de ses douleurs qui rachetaient la terre , Et sur le Golgotha consommant le mystère.

Tombe sur l'univers, tombe, manne céleste; Apôtres, répandez vos paroles d'amour, Priez, prêchez, mourez ; le ciel vous doit le reste Rayons de Dieu, lancez le jour!

Allez, semez partout les lois du saint prophète, De l'élu du Très-Haut, du Fils de son amour;

Allez, qu'à votre aspect la lumière soit faite

Rayons de Dieu , lancez le jour!

il CHRISTIANISME 175

A genoux , ;« genoux ! la chapelle Si\tme

Resplendit d'un génie inspiré par la foi ;

A genoux, k genoux! la' parole divine

Semble Ici prendre un corps et vivre devant moi

Les gothiques vitraux jettent ces demi-teintes

Et ce jour recueilli qui sait nous consoler,

Où les âmes souvent par la douleur atteintes

Vers un monde meilleur espèrent s'envoler ;

Eprises des beautés de ces saintes images,

Le soir elles s'y vont consoler en rêvant,

Aux vapeurs de l'encens suspendre leurs honnnages

Qui montent dans les airs sur les ailes du vent.

Sur les fronts inclinés tracez la croix de cendre , Pour le salut de tous Jésus-Christ se donna , Au terrestre tombeau vous allez tous descendre; Mais vous en sortirez aux chants de l'hosannah..

Dans les brillantes basiliques Les fidèles sont réunis, Et leurs hymnes mélancoliques Émeuvent les arceaux bénis ; L'esprit de Dieu vient dans l'enceinte Souffler la joie ou les douleurs; Planez sur eux, prière sainte , Volupté rêveuse des pleurs.

Effaçant les erreurs de ses nombreux lévites ,

La doctrine du Christ en son destin pieux

Doit toujours déployer un règne sans limites ,

Qui, commençant au ciel, s'accomplit dans les cieux;

Des temples profanés sanctifiant les dalles ,

Elle a du serf en pleurs prêché la liberté ,

Dominé les blasons de nos tours féodales ,

Et semé l'unhers de son égalité.

Gloire au Christ ! Sa puissance est l'urne intarissable,

Il CHRIST] wismi

(lu mystère fécond <jmi ne l'épuisé pas,

I T 1 1 océan d'amour <>n 1 nomme «si grain <l< sahlr ,

Où tout siècle en tombant met l'empreinte d'un pas.

Gloire au Verbe divinl sa croix partout j'élève!

Son éclat croît sans cesse, il domine !<• jour,

Va de la guerre enfin il brisera le glaive ,

En Fécondant !<<> cœurs <!«' son immense amour.

MOfES.

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