‹ Confessions poétiquesChapitre 37 sur 38 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

amertume.

(1) « Dieu n'est pas »

Ce cri de désespoir est démenti par les vers qui suivent. 11 est impossible qu'un homme doué de raison soit athée un quart d'heure : l'athéisme me semble même impossible; Dieu et l'âme sont au fond de tous les systèmes. Ainsi, Spinosa , s'efforçant de tout ramener à une unité qu'il puise dans la nature même ,

est obligé de la diviser en nature naturante et nature naturèe. Qu'est-ce que c'est que cette nature naturante, à laquelle il accorde l'action créatrice, conservatrice et préservatrice , sinon l'intelligence suprême que non seulement les chrétiens, mais presque tous les peuples reconnaissent en se rapprochant de la civilisation , et en abandonnant successivement le fétichisme, l'idolâtrie, le panthéisme et les autres religions qu'on pourrait classer selon le degré des lumières répandues dans les sociétés diverses qui peuplent le globe? Le christianisme me semble être la religion qui favorise le plus efficacement le mouvement intellectuel et social, qui est l'essence de la perfectibilité humaine; ainsi il doit absorber les autres religions. Ce sont là des assertions que les limites d'une note ne me permettent pas de prouver; mais la tendance de cette impulsiou universelle est visible. Voyez les progrès que les différentes sectes font dans les deux Amériques, au sein de l'Afrique , où s'élancent de jeunes missionnaires à travers mille dangers; voyez l'Allemagne et déjà la France approfondir les questions et les espérances d'avenir que la

religion du Christ renferme; voyez, déjà commente une révolution dans le brahmisme ; partoul éclatent des symptômes évidens d'une fusion de toutes les religions dans une foi dont le principe divin doit diriger les progrès de l'humanité.

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