EL1SA
21 Jtt tt M™ Oûtùauï».
Il est dans la jeunesse un soleil d'espérance , Dont les rayons puissans colorent l'avenir ; Un mol oubli du temps, une douce ignorance, Meilleure qu'un savoir trop prompt à nous venir;
io2 ELISA.
Il est aux jeunes fleurs des gouttes de rosée Que la chaleur du jour aspire en peu d'instans ; 11 est une pudeur aux désirs exposée , Et de légers duvets sur des fruits éclatans ;
11 est une primeur dans les jeunes pensées , Il est une primeur dans les jeunes amours , Baume ineffable et pur de nos âmes blessées , Rêves évanouis qu'on regrette toujours.
En vain pour rappeler ces beaux rêves qu'on pleure Dans un demi-sommeil on cherche à se plonger, Des suaves tableaux ce n'est plus déjà l'heure , Comme on songeait alors on ne peut plus songer.
Oh ! revenez a moi , douces , humbles images , Revenez , pur encens brûlant dans mes amours. . . . Qu'on aime à se sentir exhaler en hommages Dont le souvenir seul parfume encor vos jours !
ÈÊJSÂ
Comme on chérit la ><>i\ et même l<- silence De celle dont on saii la joie et les douleurs , \ ers «m destin de fer lorsque le cœur s'élance , Comme on croit l'amollir en te mouillant de pleurs !
Jusque dans le chagrin que de sève et de vie I
A ses désirs chéris le désir se suspend ,
Le plus léger plaisir berce l'àme ravie;
Tout promet, tout revêt le bonheur qu'on répand .
Comme on croit au regard qui vous rit et vous aime ! Que la foi séduisait dans sa tendre candeur! Elle vivait en moi bien plus qu'en elle-même , Et qu'elle avait d'amour a se verser du cœur !
Cette àme se versait sur moi , sur sa famille , Ses amis , ses parens , sur tout ce qui souffrait ; Sur le pauvre qui pleure et la plante qui brille D'un rayon idéal son front se colorait.
io4 ELISA.
Elle était blonde et douce ; à la voûte étoilée Parfois en me parlant elle élevait les jeux , Et sa touchante voix légèrement voilée Me semblait un écho du langage des cieux.
Je comparais son calme à ces soirs, quand la brise N'effleure pas des eaux le limpide miroir , Tout repose harmonie : aucune vapeur grise ! . . . Mais l'ouragan peut-être est là comme un point noir.
Qu un beau ciel de printemps \înt bleuir sur sa tète, Qu'une robe, une fleur éveillât son désir, Dans son cœur simple et bon il était toujours fête Dès que l'affection lui créait un plaisir.
Elle portait au bal, un peu grave en sa joie , Un attrait de maintien qu'elle ne cherchait pas ; Et sous la mousseline ou les plis de la soie, Toujours la modestie accompagnait ses pas.
Kl, ISA.
Il faudrait pour la peindre être ingénu < somme elle, Chérir «m sort obscur , aimer 1rs coins «in feu p La soirée en famille où le parler ruisselle , Aimable et bon an cœur comme un premier avea.
Il faul , pour retracer sa candeur idéale
Kl sou besoin d'amour, la fraîcheur d'un cours d'eau,
Kl les molles couleurs de l'aube matinale ,
Puis d'une main naïve y tremper son pinceau.
Non pas quelle fût belle à saisir la pensée;
On ne l'admirait pas , mais bientôt on l'aimait ,
On aimait sa raison élégante , sensée,
Et ce charme rêveur que son sein enfermait.
Comment ne pas l'aimer, elle si tendre amie , Fille si dévouée et docile aux douleurs , Et qui, par sa tendresse évaporant sa vie, Souriait à mon rire ou pleurait a mes pleurs ?
io6 ÉLISA.
Quand sa voix se mêlait aux voix harmonieuses Desvierges dontle chœur chantait, priait pour nous, A l'église , incline sur les dalles pieuses , Etait-ce mon amour qui croyait a genoux?