TROIS JIU1IK8 FILI.F.S
j'aurais provoqué quiconque eût reçu de cette beauté un meilleur traitement que moi; mais nous étions quatre ou cinq qui ne servions qu'à l'amusement de ses caprices ; je ne pouvais raisonnablement passer ma colère sur personne. Je désespérais, quand brusquement, cette orgueilleuse se donna. Ce ne fut pas une déception. Tous mes tourments disparurent, pour faire place à une félicité dont mon être débordait comme une vasque de jet d'eau. Ceux qui disent que toute la joie est dans le désir me semblent des impuissants. Je ne connais l'attente que comme une angoisse, comme un poids sur le cœur dont la possession me délivre. Un dirait qu'elle me rend la liberté du vol. Celte fois-là, Je goûtai L'ivresse de ma conqoète avec une telle intensité de plaisir, qu'on attendrissement inconnu m'envahit au milii'ii de mon bonheur. Je nie pris à ••!• avec une pitié déticteose à cens que la nature a maltraités, le me -li- que ma
richesse avait des obligations de charité envers ces indigents. Comblé d'amour, je devais sortir un moment de mon paradis pour faire à quelque disgraciée l'aumône inestimable.
Or, sur le chemin qui conduisait de ma garçonnière chez ma maîtresse, j'avais remarqué, derrière une vitre, une petite bossue. Quinze ans ? Vingt-cinq ans? Sait-on jamais quel âge elles ont ! Tcute leur vie n'est qu'une enfance vieillotte. Celle-là cousait, du matin au soir, sous l'écriteau suspendu à la porte et qui annonçait: