‹ Confidences d'un journalisteChapitre 36 sur 55 · DÉPART DE LA RUE DE MONCEAU · texte numérisé non relu

DÉPART DE LA RUE DE MONCEAU

Il est un peu plus de cinq heures. Le Prince vient de revêtir son costume de voyage; il reparaît dans le salon, où Tattendent les personnages qui vont lui faire escorte jusqu'à la terre d'exil.

Devant le n° 61 de la rue de Monceau, rue Vézelay et boulevard Malesherbes, des milliers de personnes rangées le long des trottoirs attendent depuis une heure le départ du Prince Victor-Napoléon. Un cordon de gardiens de la paix retient la foule.

Le coupé du Prince, attelé de deux chevaux, attend sous le vestibule; Son Altesse y monte avec le duc de Padoue. TI est cinq heures et demie, la voiture part au galop pour la gare du Nord. On a reconnu le Prince ; la foule salue respectueusement. On crie ; « Vive le Prince Victor! Vive TEmpereur! » Nous entendons aussi quelques cris de « Vive la République ! » poussés en grande partie par les salariés de la préfecture de police que nous retrouverons tout à l'heure à la gare du Nord.

Le coupé ne prend pas le boulevard Malesherbes, où la foule est très compacte; il tourne court par la rue Vézelay et se dirige rapidement vers la gare du Nord.

La rue Saint-Lazare, la rue Lafayette sont remplies de voitures portant & la gare du Nord de nombreuses personnes qui veulent assister au départ du Prince Victor et le saluer encore une fois.

Page 1