‹ Confidences d'un panoramiste, aventures et souvenirsChapitre 18 sur 24 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Voici l’histoire détaillée de l’aventure Boulanger, qui fit du bruit et eut des suites déplorables pour moi; aventure que je n’ai pas pardonnée à M. Constans, lequel de gaieté de cœur me fit un tortmatériel etmoral, simplement pour contenter une fantaisie, et parce qu’il était le plus fort. Je reçus un matin la visite de M. Berger; malgré son manque de parole, nous étions restés en bons termes (je dois vous dire que M. Berger avait accepté depuis plus d’un an mon esquisse avec tous ses personnages/y compris Boulanger, qu’il était loin de détester et qui à cette époque était tout puissant). « Vous savez, mon cher ami, me dit-il, qu’il y a un nouveau ministère? — Ah! fis-je, que diable voulez-vous que çame fasse? — Permettez; ça fait beaucoup: il va falloir apporter quelques modifications à votre œuvre. Il va y avoir certains personnages à enlever, d’autres à ajouter. D’abord on ne veut plus entendre parler du Général ; et, si vous voulez m’en croire, profitez de l’occasion qui est excellente pour vous; il y va de votre avenir, de votre fortune. » Je remerciai M. Berger, mais je refusai net d’obtempérer à

LES CONFIDENCES

son invitation. J'avoue que j’eusse fait la même résistance si le général vainqueur eût voulu m’obliger à effacer Carnot ou Gonstans. Je dois reconnaître également que j’étais l’ami de Boulanger. Il y avait donc deux raisons pour que je ne me prêtasse pas à cette suppression. C’est à la suite de cette scène que les ordres et les menaces m’arrivèrent successivement du ministère de l’Intérieur. Je résistai.

Voici une lettre que Chincholle publia dans 1 § Figaro. Cette lettre lui avait été communiquée par le Général à qui je l’avais adressée:

« Mon Général,

« Une histoire comique 1... Ne s’est-on pas avisé en haut lieu de vouloir vous supprimer dans le Panorama officiel du Tout-Paris ... Tout au moins, a ditM. Berger, enlevez-lui son uniforme. Que dirait le Président de la république?... etc., etc. Bref ça ne peut rester ainsi...

« Le lendemain, nouvelle ambassade; c’est du Ministère, paraît-il, qu’on réclame. . .

« Cette fois, mon Général, j’ai répondu m...î et j’attends.

(( Veuillez agréer mes salutations les plus respectueuses.

« C. Castellani, peintre. »

La lutte était engagée avec le tout-puissant ministre.

D’UN PANORAMISTE

Un journal du 5 mai 1889 s’exprime ainsi à propos de cet incident :

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