L'AURORE SUR LE LAC
C'est l'aurore. Silence! Ua grand silence-, à peine viola par ua murmure d'herbes oh de feuilloges, ou l'aboiement d'un chien.
Les monts simulent des géaats endormis <jui étreignent ds leurs bras vetls la surface des flots où le soleil, qui annonce le réveil de la terre, darde des couteaux d'or.
Au fond du lac, les raaisoas de ia rire achèvent leur sammeil de la auit; tout à l'heure, elles «e redresseront en adoptai
Ibur attitude quotidienne
Mais tous les soirs, quand le soleil s'éteint, elles font une descente dans le lac et s'y installent pour la durée de la nuit.
Elles se prolongent ainsi en maisons de rêves, d'illusions et de chimères: elles sont plus magnifiques de par cette tromperie de l'eau et (Je la lumière; elles seraient belles à prendre dans des mains qui les sentiraient fuir.
La nature se plait à nous livrer des images qui ressemblent à nos jeux intérieurs, uux formes enivrées de clarté et de poésie que erée;en nous la bienfaisance de l'imagination et du rêve.
La nature est la soeur sympathique et spkm- *dide de nos misères et de nos hallucinations.
Des bouleaux qui s'espacent encadrent, dans leur vent de soie froissée, la cabane où repose un amoure«ux des bois et de l'eau.
Ils sont aériens, légers, graciles, et protègent le paysage de l'uniformité; une inquiétude éternelle se traduit par le mouvement de leur6 feuilles; ils sont eu perpétuelle errance.
Appellent-ils? Ou sont-ce des aveux qu'ils:
décrient? des plainte» qu'ils ïivrenl aux quatre coins du ciel? ou bien térnoignent-il» de la fragilité des choses par une faiblesse qvù s'est ins©rite, visible, en leur aspect végétal?
Ils te ressemblent, pauvre âme, crainlivev peureuse, pressée de frissons, et qui s'affinaet se détruit.
Aime-les: ils te renvoient la® image. Et ©cite image, c'est un fût vernissé qui jett« ,dans l'air son feuillage de perpétuel émoi. Pouvais-tu revivre sous un plus élégant ei l«g?r symbole après d?s funérailles vaniîeuseinent chaulées?
Tu te cherchais tout à l'heure, et ne savais te reconnaître, morte d'avoir bu le poison d» I expérience.
O folle, qui voulais savoir si l'émotion s'éveillait encore en toi-même, comme jadis, aîors que tu croisais les mains devant tac pâleur!
O folle de toute la tète qui te fiait si mal !
O folle de toute ton Ame!