I. — LA RELIGION
les orages. C'était l'effort plus harmonieux du Grec faisant un dieu de la chaleur solaire, une déesse de la force érotique du monde, un autre dieu de la guerre, une autre déesse de la justice. C'était l'effort plus mystique du Catholicisme soudant et accommodant le dur monothéisme du sémite hébraïque au polythéisme persistant de la race aryenne.
Mais au lieu d'un Dieu ou de dieux, un Être autrement colossal et formidable surgissait, concentrant en lui toutes les forces de l'Univers sans que, pourtant, celles-ci disparussent, un et multiple, à la fois homogénéité et faisceau, absorbant toutes les divinités dés. cultes ‘peritiie,. tous” L1lès - dieux du paganisme, toutes les personnes célestes et les saints du Catholicisme, les créations baroques, touchantes ou terribles de toutes les religions de l'Histoire. Je n'en concevais avec clarté nidS#onmes mile-conténu,. ai le mécanisme, m1 l'origine, n1 la destinée, si ce nest dans le tronçon infime à la portée restreinte de mes sens ou de mon imagination.
Le surplus se perdait en des au-delà ténébreux, imperceptibles et inconcevables, Mais l'impossibilité de le discerner en des contours précis n'enlevait rien à la certitude de son existence. Aéronaute emporté dans les grandes hauteurs et enveloppé de brouillardeux nuages, les brumes de mon horizon n'abolissaient pas la conscience des espaces immenses ouverts autour de moi et de la force despotique qui y travaillait pour le fonctionnement de l'organisme universel, aussi jeune, aussi actif que si, durant des jours innombrables, il n'avait fait aucune dépense de temps et d'énergie.
Ce quretait, cé cuDren x. 1b flat nommer ainsi le total énorme qui me le figurait, nulle tension de mon cerveau ne parvenait à le figurer. Je demeurais perdu en hésitations obscures, quand je me demandais S1l avait, comme inôt, conscience de lui-même ou sil nétait quun ensemble monstrueusement grandiose, évoluant sur lui-même, sans arrêt, sans terme, à tra-