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II. — LA RELIGION SI

plus grandiose s'est démasqué et a enfin rassasié mon â4mé, dabord satistaité des ingénuités légendaires qui l'avaient alimentée dans mon jeune âge, vide ensuite de toute croyance, éprise plus tard d'un rève humanitaire, se rattachant: maintenant-à Univers par un lien direct et pur dépouillé de toute fantasmagorie intermédiaire, de tout arrangement, de toute combinaison que ma mentalité ne peut plus admettre, quelque effort de Foi auquel elle voudrait s'acharner. Ainsi se nourrit et se satisfait en moi cette faim de religion dont tant d'humains, même parmi les plus grands et les plus libres, ont subi la domination au point de ne pas redouter la contradiction entre l'indépendance illimitée de leur esprit partout ailleurs et l'adoption des croyances rituelles d'une église.

Ellé accepte, mon Ame, ceite. grande servitude; elle en comprend la dignité docile, magnifique et grave; elle n'a plus la folie de se croire libre dans un isolement individuel : elle se reporte aisément, sans humeur et sans

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érainte, à. ce Tout dont elle Se: sent un atome et dont elle ne marchande pas plus la tyrannie qu’elle ne repousse la bienveillance, force créatrice, force conservatrice, force dévastatrice, force régénératrice, agissant incessamment, comme la plus puissante des divinités monothéistes, comme le plus multiple des olympes polythéistes, pour produire et pour détruire, pour ce que nous croyons ètre le Bien et pour ce que, aventureusement, nous disons être le Mal, dans une harmonie dont l'orchestration nous échappe encore. Je me surprends, comme un chrétien dans une cathédrale, à admirer les spectacles de-la Nature. A-en remercier l'arrteur, “à m'agenouiller psychiquement devant les merveilles du printemps, de l'été, de l'automne, de l'hiver, devant la beauté féerique des vérdures et des fleurs renaïissantes, devant la mer, devant les aurores, devant les soleils couchants: dévant le dramé:des inetores, devant la splendeur des nuits, devant les œuvres bonnes et devant les œuvres terribles,

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devant les actes individuels des hommes et les ouragans sociaux. Tous ces miracles sont pour moi la manifestation du Total infini, qui neut pas de commencement, qui n'aura pas de fin, qui est le Tout-Puissant, l'universel générateur, le créateur et le conservateur, qui peut et réalise tout ce Qui est et tout ce qui arrive, qui est « Dieu », puisqu à travers les âges ce monosyllabe héroïque a toujours servi à désigner l'Inconnu formidable. Et, petit organisme vivant, me « reliant »

incessamment à Lui par la conscience de inOnêtre à la-fois-si peuretSrtnt, je me sens, malgré tous les scepticismes, oui, à cette

heure, je me sens vraiment « Religieux » |

Le Droit

C'est dans le Droit que, avocat, juriste, professeur, législateur, j'ai été parqué comme fonction sociale, Il fut, 1l est encore la dominante de mes méditations. A lui est allé le plus clair et le plus fort de ma sève et de mon intellectualité. Là sont, peutêtre, parmi Îles. pensées que y ar proférées, les meilleures et les plus profondes ; quelques nouveautés aussi. L'Avenir en décidera.

Autour de lui a rayonné tout le reste. Mon activité dans d’autres domaines, avant de prendre, comme :l est arrivé, une importance latérale propre, eut toujours pour but

primordial de le servir d’abord. En une phrase résumatrice : // aura été le centre de na l’?e.

J'allai à lui par des circonstances qui sembleraient fragiles si elles n'étaient les prétextes discernables des causes indiscernables qui fixent notre rôle dans l'universelle fermentation du Monde. Car au-dessous des facteurs visibles auxquels s'arrête notre infirmité, que de rouages cachés, seuls décisifs!

Mon Père était avocat. Il fut aussi avoué quelques années. TI) proféssa le Droit à l'Université Libre de Bruxelles. Dans la maison familiale allaient et venaient des êtres et des idées dont la substance juridique, du moins en ses formes et ses œuvres positives quotidiennes, était le principal aliment.

J'étais donc enveloppé de résonnances me murmurant le conseil de m'attacher au Droit, et m'insinuant, sinon sa prédilection, assurément son habitude. Sourdement 1l me

modelait.

« Toi qui seras avocat. >» Combien de

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