II. — LE DROIT
fois j'entendis proférer par les miens, dès ma plus mince enfance, cet avertissement, cette prophétie et cette espérance. Carsdans le Bruxelles. de. 1645 cétiiteires beaundétre avocat! cétait éminemment honorifique et recherché par les convoitises bourgeoises |! — presque autant quêtre homme de Bourse aujourd'hui. Quelques noms, de grande célébrité locale, entretenaient ce rayonnement,
ÊHe Aiilt, pourtant, rater la-prophètie et être déjouée l'espérance, quand, vers ma dix-septième année, une imprévue et bizarre tornade m'emporta dans le romanesque et les rudesses de la vie maritime, où je fus mousse, novice, sous-lieutenant au long cours, avec des aspirations à cet aboutissement qui m'apparaissait en idéal : Capitaine! En quelle mesure influa sur cette résolution la circonstance infime mais sentimentale, que mon Père aimait à fredonner, parmi d'autres chansons de Béranger, alors merveilleusement populaire même en Belgique, Ze Bonheur, où chantait cette strophe 1risée
dont la mélodie agissait sur moi comme une incantation et un philtre :
Le vois-tu bien là-bas, là-bas, Là-bas, là-bas sur un navire ?
L'arc-en-ciel brille entre ses mâts, Toutes les mers vont lui sourire.
Comme on est bien sur un navire ! Vite, courons, doublons le pas, Pour le trouver là-bas, là-bas, La-bas, là-bas!
Magie de l'action sur nous, sur le plus profond de nous, des bruissements, des effleurements, de l’impalpable et de l'invisible |
Un imprévu memporta. Un imprévu me ramena. Non un événement, non une idée précise. Le Hasard, les forces secrètes de la vie, cette charade au mot incessamment cherché et perpétuellement fuyant.
Un jour parmi les jours, je me retrouvai étudiant en Droit, Et comme l'absence et l'isolement de la Mer avaient fait le vide dans mon cerveau, avec rapidité ce vide se combla et le niveau se rétablit : mes -études