III, — LE DROIT
aucune entente nette de son action constante parmi les sociétés humaines, — dans les procès, cette moisissure, dans les Palais de Justice, ces hôpitaux des rapports juridiques momentanément malades ou estropiés. Oui, son influence énorme au-dehors -S4-viaie et dominante destination de grande Hygiène sociale, je ne les avais pas encore pénétrees:
Telle était ma psychologie restreinte de juriste empirique : fatalement, elle déteignait sur moi comme Avocat. J’appréciais et manipulais les litiges en les enfermant dans le cercle dé leurétroitesse. FPétais le défenseur, au dévouement obstiné et partialement prévenu, des intérêts individuels. Gagner le procès était ma préoccupation principale et mon souci, occasion d'allégresse en cas de victoire, d'amertume en cas d'insuccès. Les relations souterraines d'un conflit isolé avec l'ensemble social m'échappaient. Je puisais à petites doses le Droit à la surface de ses eaux profondes, sans voir leurs abimes, et
je versais le gobelet de matière juridique que javais ainsi obtenue sur le cas particulier qui moccupait. Piteuse et machinale besogne!
Mes écrits, ma parole subissaient le contre-coup de cet état d'esprit. Ils avaient l'allure, sans portée en long ou en hauteur, d'un cerveau qui ne fonctionne que parmi les contingences. J'étais un raisonneur. J'étais un argumentateur. Les procédés d'École me tenaient, Je voyais les choses, les événements, les étres sous l'aspect d'un mécanisme purement cérébral, où travaillaient les formules pédantesques de la logique des pédagogues.
Le convenu et l'imaginaire m'habitaient. Je Havas pas -ler sens des rahtés "et devieur force invincible. Je regardais en moi et non dans l'agitation du monde, cette seule vérité. Ét:cé-que je rébardas en. moi netait pas le phénomène, sain et vivant lui aussi, de ma nature en action, mais les vaines Créations et les constructions arbitraires d’une dialectique de système instituant ct érigeant un Droit