IV: = CEA TPOLCETIOUEL
enfance une douzaine d'années après la Révolution de 1830, ronflait déjà, sans que sen doutàât ma cervelle de gamin molle et vide encore, l'agitation qui longtemps alimenta seule chez nous les luttes politiques et fut denommée Clérico-Libéralisme, exclusivement bourgeoise à cette époque et de très courte envergure, ainsi qu'aujourd'hui la reculée des ans permet de le juger.
Il m'est resté dans la mémoire des bribes d'événements, alors pour moi sans signification, pareils à ces actions que l'on se risque à accomplir devant les enfants « parce qu'ils ne peuvent comprendre », mais dont Île vrai caractère se révèle rétrospectivement à eux en une brusque éclaircie. Dans les colloques accidentellement écoutés par ma curiosité d'écolier, revenaient les noms de Verhaegen et de Defacqz, d'ÆAssociation libérale et d'Alhrance, d'arrogance sacerdotale, de parti dés prêtres; .de Jésuites surtout. Non..Père, orateur à sa Loge, de sa belle voix claire ténorisante, lisait à ma Mère ses discours où
résonnaient ces clichés tenaces non encore étouffés aujourd'hui.
Puis ce fut la Révolution de 1848 en France et sa répercussion chez nous en vibrations amoindries par la distance. Mes sœurs en pension à Paris, ramenées dans un trainque je vis entrer en gare trainé par € un remorqueur »(ainsi nommait-on la locomotive) portant deux drapeaux rouges entrecroisés, balafrant de leurs cicatrices écarlatesson avant à physionomie de monstre. Un banquet au Prado à Molenbeek-St-Jean pour exalter cette réforme, puérile peut-être mais, on le croirait, historiquement inévitable, la substitution dans le régime parlementaire, comme chef de l'exécutif, d'un Président de République à un Roi, banquet où mon Pere, à l'exaltation facile, dit ou fit des choses qui désolèrent ma craintive Maman, la bourgeoise amie de la vie paisible, économe, bien ordonnée, et respectueuse de l’ordre établi. Des bruits d'arrestation du chef de famille effrayant notre tranquille intérieur. L’équipée de Risquons-Tout,