IV. = LA PORLITIOUE
tentative étrange de conquête de la Belgique par une bande d'aventuriers naïfs et extravagants s'imaginant qu'il suffisait d'apporter chez nous l'idée républicaine en Labarum pour être accueilli en libérateurs. Le Roi offrant théâtralement d'abdiquer pour se taire prier de ne jamais partir, —En décembre 1851 le coup d'État Napoléonien et l'envolée vers nos villes de proscrits par centaines, apôtres d'idées républicaines et socialistes, se branchant et nichant où ils purent, perfluant de paroles, décrits, de doctrines systématiques, les répandant partout en bavardages intarissables, dans. lés salons. dans. lé cabarets.
dans les salles professorales, dans les arrièreboutiques, aux soirées, aux promenades, en déjeûnant, en dinant, sectaires la plupart et prodigieusement rhéteurs et raisonneurs. — Durant le second Empire, Bancel déclamant des conférences retentissantes et empanachées à l'hôtel-de-ville. Victor Hugo forgeant en Belgique quelques-uns de ses anathèmes contre Napoléon-le-Petit. Proudhon hirsute
méditant solitaire sur les bancs des boulevards. Rogeard se sauvant à Bruxelles après ses Propos de Labiénus. Madier de Montjau donnant des leçons particulières d'éloquence et de civisme jacobin selon les formules de 89 et mème de 093. Charras, antinapoléonien jusqu'à la rage, élaborant sa narration, aujourd'hui discréditée, du drame de Waterloo qui acheva la légendaire aventure des cent Jours par la terrible campagne de cent heures où, sur seize petites lieux carrées de notre sol, se ruërent en cinq batailles trois cent mille forcenés, dont cent mille tombèrent fauchés dans nos sillons.
Ce bataillon d'étrangers jugeait sans faveur ceux qui les hospitalisaient avec une admirative bienveillance, Baudelaire consignait dans les notes publiées après sa mort : « Les Belges ont des visages à stupidité menaçante. Ils ne pensent qu'en bande. » — Et Proudhon, dans une prosopopée (datée d'Ixelles), adressée au troisième Bonaparte,
S'écriait: <& Venez:sire.l ler comme ailleurs.