IV. — LA POLITIQUE
et en manœuvre; manger leurs aliments spartiates; subir leurs mœurs farouches, en un rapprochement incessant et familier auquel rien ne m'avait préparé et qu'aucune autre occasion de vie n'eut vraisemblablement pu susciter.
Quand je fouille mon-âme, c'est alors que commença en moi pour la Plèbe cette fraternité à chaleur grandissante, qui devait, plus tard, se manifester amplement par ma prédilection pour le mouvement ouvrier et mon affiliation ardente au Socialisme. Jai essayé d'exposer cette initiation à des émotions nouvelles dans mon livre Z'Æmiral.
Qu'ai-je écrit comme littérature qui n'ait été un épisode de ma viel
Quand je quittai la mer pour les études juridiques, je contenais, obscurs encore, les germes d'un altruisme naissant inclinant mon esprit à moccuper d'autres entités humaines que la mienne. Vaguement j'entrevis alors, en quelques aspects aussi indécis que la banquise polaire derrière le brouillard, la Solidarité
sociale, La conscience des devoirs qu'elle réclamés'éclairait faiblement comme, à travers les rideaux, une chambre à l'aube. C'était le sentiment politique qui séverllait en moi.
Depuis, 1l na fait que croitre. Je vais hâtivement raconter cette marche au travers des broussailles qui obstruaient la route que J'ai parcourue entrainé par les forces inspiratrices travaillant sourdement dans ma conscience ou venues du dehors. Vraiment curieuses men semblent les étapes et d'une logique remarquable, non de raisonnement, mais de faits et d'événements, cest-a-dire dé réalités.
A'l'Umivéersitérde Bruxèlles Ce tut: du simple Libéralisme, amalgame sans véritable grandeur formé de préjugés anti-religieux, souvent niais ou injustes, d'engouement verbal pour les vertus créatrices d'une Liberté sans limites, et d'une confiance présomptueuse en l'aptitude de la Bourgeoisie à remplir le rôle de classe dirigeante, qu'aujourd'hui quelques-uns veulent remplacer,