IV. — LA POLITIQUE
dans l'exercice dé ce privilése par < les Intellectuels >. Ah! l'orgueilleuse manie de croire qu'il faut toujours une Élite pour gouverner l'Humanité! Et ce que, communément, se révèlent ces élites quand on les fréquente et qu'on les jauge!
Certes, parmi les étudiants, du moins parmi les enthousiastes, une générosité moussait au-dessus de la théorie classique du laisser-faire et du laisser-passer dont l’affreux égoïsme commençait à percer dans les faits.
Mais ailleurs c'était le parti Doctrinaire dans la splendeur de ses mesquineries, de ses intolérances et de ses majestueux dédains pour la classe ouvrière, «€ le monstre à mille têtes », dont, à ces cerveaux ankylosés en une économie politique de convoitises, l'avènement au gouvernement semblait impossible.
Et pourtant, par la force latente de l'Histoire, cet avènement se préparait. Et dans des âmes nombreuses, dans la mienne, pénétrait, quoiqu'à petites doses encore, le fluide des temps nouveaux.
À quelques-uns, tous dépassant à peine la vingt-cinquième année, nous voulümes, au milieu du journalisme belge revèche, morgueux, écourté de l'époque, ouvrir un soupirail par lequel pourraient s'échapper, en un courant d'air frais, les tendances qui nous travaillaient. Nous fondâmes une feuille hebdomadaire, Za Zaiberté, et nous cherchâmes un mot pour désigner notre politique qui faisait craquer (oh! pas fort) le justaucorps du libéralisme : ce fut le Progressisme. On le voit, ce n'était pas à grandes enjambées que nous grimpions l'escalier des géants d'une politique nouvelle.
Mais ce qui apparut tout de suite caractéristique dans ces: éflorts, Sans: que fous eussions saisi nous-mêmes l'importance de la nuance et de l'avenir enfermé en elle, ce fut la préoccupation des droits politiques de la classe ouvrière. Instinctivement, sans concert, par la fatalité, semble-t-il, de l'époque, les jeunes bourgeois que nous étions, sortis
de bourgeois, vivant en bourgeois, se trou-