IV. — LA POLITIQUE
vèrént quétant Sur cette piste, l'en «meute obstinée. En 1865 nous lançämes le Mai- Jfeste des Ouvriers pour la réforme électorale, signé de noms d'artisans de bonne volonté, recrutés où nous pümes et comme nous pûmes, car elle était prodigieusement indifférente en sa masse aux réformes politiques la classe ouvrière d'alors! Je fus chargé de la rédaction de ce morceau, sous le contrôle de mes compagnons de lutte.
Oh! qu'il était calme, modéré, timide, respectueux du régime établi ce premier acte affirmant platoniquement le parti nouveau qui, 4tioins dé trente ans apres. devait, 4 robustes et irrésistibles coups de coude, et parfois à coups de poings, se faire une si large place dans l'organisme gouvernemental belge. Ah! le peu qu'il demandait, alors 1roquement et insolemment refusé, et, depuis, si formidablement dépassé et obtenu!
Le courant nous avait pris et, portés par lui, notre allure devint plus vive. C'est dans les années qui suivirent, en 1870, que je fus,
avec Charles Graux ét Charles Buls: Candidat audacieux et malheureux du Suffrage universel à Bruxelles. Notre attitude inopinée sembla une extravagance dépassant toute convenance et tout équilibre.
La vélocité augmentante de notre course aux réformes effraya mes amis. [ls quitterent le radeau qui nous emportait à des désastres ou à des victoires, et sautèrent sur la rive. Je restai seul à être charrié par le flot qui devait m'entrainer, en mème temps que tant d'hommes autour de moi, jusqu'à l'estuaire du Socialisme et susciter tant d'événements utopiques auxquels nul, alors, ne songeait.
Ce fut en moi une évolution ininterrompue, ferme et tenace comme la rotation d'un engrenage. Je n'obéissais point aux suggestions de conversations ou de lectures.
C'était plus latent et plus organique. Une sorte de müûrissement s'opérait dans mes idées, incessant et insurmontable, Aujourd'hui que je crois mieux comprendre linvincible de l'action historique sur les âmes, sa