‹ ConfiteorChapitre 50 sur 105 · IV. ="DArPOLITIOQUE · texte numérisé non relu

IV. ="DArPOLITIOQUE

tique sainement et chevaleresquement comprise. J'aime surtout à me sentir en accord avec cette poussée des forces naturelles, à glisser sur la pente qu'elles suivent, à subir, dans une sorte de ravissement viril et d'extase confiante, la domination subjuguante de l'Elan du Monde.

L'Art

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C'est « tard > que me vint la préoccupationinstante de FArt"C'est.c:très tard que se formérent en moi des idées sur son essence, sur sa destinée, sur son origine, ce triptyque où se reflète tout phénomène dès qu'une pensée pérastante le fixé" "présent, ‘passé, avenir, — ontologie, étiologie, téléologie, inquiétantes énigmes, scientifiques mystères. Et encore, ce que j'en crois est-il la vérité ?

Ah! combien lentement sur tout, même pour le plus ardent chercheur, se forment, sil nest un présomptueux, je n'ose dire les certitudes, mais les opinions douées de

quelque solidité et de quelque lumière! Et à peine ces havres intellectuels sont-ils ouverts à nos doutes, que tinte la cloche du départ pour l'inconnu où tout sombre, mème la joie tremblante de croire que l'on sait enfin quelque chose.

Dans l'existence bourgeoise où mon enfance vivota sa petite vie sautillante, rien d'art venant du dehors que des échos; et dans l'oasis étroite de la famille où mon ingénuité, ignorante encore des soucis qui grèvent tout groupe humain, ne percevait que de la joie paisible, rien d'art que les exercices monotones de mes trois sœurs pianotant, timides et enfantines, coiffées à la chinoise. Ma mere chantait doucement et rèveuse de vieux airs des Flandres éveillant des songes fragiles, pareils aux paysages des tapisseries déteintes. Aux diners de parenté, chez nous ou ailleurs, chacun, au dessert, hommes et femmes, suivant la coutume d'alors, y allait de sa chanson joyeuse ou de sa romance naïve, et j'écoutais ravi. Les cloches agiles, au son clair, blotties

Ve es PART 55

dans la tour d'en face (elles vivent toujours), me ravissaient aussi, proches et si turbulentes. Parfois une musique militaire. Un concert au Parc, le dimanche, faisant jallir son bouquet d'harmonie d'un kiosque au milieu du « bassin des fleurs », odorant et multicolore parterre qui occupait l'emplacement de la grande vasque circulaire où, maintenant, une gerbe évase les jets et la pluie meigeuse de ses eaux: Des orgues de Barbarie plaintives, aux claviers édentés, mélancolisant les rues de Bruxelles à circulation trainante ou animant au lointain les champs pacifiques qui commençaient leur verdoyant étalage aux portes mêmes de la ville.

Ét, pour moi, cétait tout le réel’artistique.

Le surplus ne m'arrivait qu'en bribes, en paroles surprises aux conversations, énigmatiques et suscitant dans mon jeune esprit d'ondoyants fantômes. J'entendais parler du théâtre de la Monnaie et du théâtre du Parc. J'entendais louer les romans de

Madame Cottin et de Jean Jacques dont Îles héros servaient à donner aux enfants des prénoms: Malvina, Valérie, Edmond, Emile, Julie. J'entendais nommer Slingeneyer et Wiertz et décrire leurs tableaux immenses que mon imagination voyait plus immenses encore. Des virtuoses passaient en comètes dans larcité et suscitaient 4 note tablerdes récits. émervéilés. Af:tr1es petites remuer Milanollo, violonistes ! Durant plusieurs mois ma mère, d'une voix frémissante, nous entretint de la Malibran qu'elle avait entendue, dans une soirée fameuse, et il semblait que ceût été pour elle l'apparition d'une madone éblouissante.

S1, à cette époque, aux filles bourgeoises on enseignait « les arts d'agrément » qu'elles délaissaient dès leur mariage, pour les garçons, c'était considéré comme un superflu et l'on se contentait du sec ét stérilisant enseignement scolaire. Qui alors en Belgique pensait que l'Art püt être autre chose qu'une distraction et un luxe, presque une frivolité?

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