‹ ConfiteorChapitre 54 sur 105 · V. — L'ART · texte numérisé non relu

V. — L'ART

Cependant en Belgique se formaient des groupements pareils aux premières agglutinations du protoplasme dans les mystérieuses édifications de la Nature. Les jeunes se cherchaient instinctivement et s’aggloméraient en petites colonies, tres humbles d'abord et timides, mais où peu à peu montaient des rumeurs..des cris d'éveil, «des proclamations d'Art nouveau tâtonnant.

Devant cette levée s'inquiétaient les officiels jusque-là en possession paisible des règles dites Classiques qu'ils croyaient fixées à jamais, et de tous les avantages administratifs. Une lutte s'inaugurait entre le passé stagnant et le remuant avenir. Le sentiment de l'évolution constante du Monde et des sociétés humaines gagnait les âmes et les poussait, comme instruments, vers l'inévitable des transformations. Une germination fermentait.

Mais les esprits avancés n'étaient pas encore capables de vues larges. On se cantonnait en écoles sectaires et ennemies.

On divisait la terre artistique en compartiments et chacun soutenait avec la furie de l’intransigeance, que l'Art était tout entier dans le compartiment que lui et ses partisans occupaient. Aucune notion de ladmirable et savoureuse multiplicité esthétique. Une croyance (contradictoire avec ce mouvement de réforme), qu'il y avait une Doctrine supérieure à toutes les autres, un système clichant rationnellement « lesvrais principes», et chacun, criant, gesticulant, prophétisant, discutant.-anathéematisant: Claumaits C'estda mienne |

Je faisais partie d'un de ces « Commandos » guérillant sans cesse. J'avais moi aussi, à cette époque, une tendance à dogmatiser, à m’attacher à quelques idées « inébranlables ». Mais je ne parvenais pas à avoir en elles cette forcenée confiance intolérante dont, en d'autres groupes, je voyais brûler l'ardeur fanatique. J'aimais à parler d'un «€ Art social » qui devait avoir pour direction dominante de faire servir les œuvres

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