‹ ConfiteorChapitre 73 sur 105 · VE. LE AMOUR · texte numérisé non relu

VE. LE AMOUR

les facettes innombrables de l'éternel effort humain. À travers les siècles passés, à travers les siècles futurs, la matière inconsciente et les êtres pensants luttent pour se rapprocher de toi. Tu fais mouvoir la matière et tu fais mouvoir les âmes. Par toi les mondes gravitent dans la superbe ordonnance des sphères. Par toi la Nature compose et varie sans trève, pour l'ivresse de nos yeux, son manteau de couleur et de lumière. Par toi les passions, se mouvant dans une juste mesure, deviennent des vertus et des forces salutaires et ne se déshonorent plus en vices. Par toi et pour toi rêve le poète, médite le penseur, luttent les cerveaux assoiffés de justice, s’acharnent les artistes, Tu concentres l'Idéal sous toutes ses formes et dans toutes ses aspirations. Sans toi le mouvement cesserait pour faire place à l’'anéantissement dans l'harmonie définitive enfin obtenueet clôturant la vie, Les myriades d'atomes qu'agitent les infatigables phénomènes nont la fièvre de l'activité que parce qu'ils cherchent, avec la ténacité de l'irrésis-

tible, la place et les rapports qui leur sont assignés dans l'ordre suprème fixé par toi et proposé à leurs efforts. On ne souffre que parce qu'on ne te possède pas. S'il était possible d'imaginer un commencement à l'Univers, ce serait à l'heure où tu fus rompue et tes éléments dispersés, et une fin, à l’heure où tu serais reconquise. Le monde est un serpent coupé en morceaux dont les tronçons cherchent à se rejoindre, un vaste édifice écroulé qui travailléra"sé réconstrure;"et, peut-être, l’universelle évolution n'est-elle qu'une suite de créations et de ruptures d'harmonie: Peut-être. estce lé /Secretide l'existence du bien et dy mal, et de la vie en son ondulante, bizarre et inlassable agitation. Harmonie, sois louée, surtout dans l'Amour où la gémissante humanité peut, une heure, croire quelle réalise ton majestueux mystère! » |

Ainsi je pensais, ainsi Je sentais, ainsi je parlais. Mais cette exaltation ne fut-elle pas uniquement l'effet des ardeurs de Ja

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