VIII. — LE LIBRE ARBITRE
s'agite librement parce qu'ainsi il le veut. Le miroir, s'il était conscient, pourrait croire qu'il produit lui-même les images quil réfièté.
En lisant les Chapitres dont celui-ci termine la série, en lisant, — pour être lu combien…en ces Jours: de “hâte. Ja brieveté simpose! — rapide et concentré, le récit de ines transformations intimes, le: lecteur «a souvent rencontré des phrases où je parlais en être qui.sé croit, libre ét d'autres où je parlais en être qui se résigne à la nécessité. C'était selon les circonstances et l’impression du moment, sans parti pris, sans calcul. Je ne croyais pas qu'il valut la peine, pour qui fait le déshabillage de son individualité, de veiller à mettre en un accord parfait toutes ses pensées et toutes ses paroles avec lune ou l'autre des flottantes conceptions encore en formation dans ses limbes cérébrales. Cette allure hésitante et contradictoire exprime l'état actuel de mon âme en ses profondeurs et l'impossibilité où je demeure de démèler les
conjectures relatives au Libre Arbitre. C'est en proie à ce trouble que j'achève l'existence.
C'est que je me suis müû, dès mes plus lointains jours, dans un milieu où le dogme de la Volonté Libre était admis par un accord à ce point clair et solidement établi que l'idée d'une discussion à son sujet n'existait pas plus que celle de lincombustibilité d'une parcelle d'étoupe jetée aux flammes.
Dans-le Bruxelles de mon éniance dans 14 ville de province mal renseignée d'il y a soixante ans, presque rien n'avait pénétré de la doctrine, devenue depuis plus familière, du Déterminisme, envisageant le Monde comme un drame grandiose réglé d'avance, depuis la nébuleuse primitive, où les acteurs accomplissent « volontairement, mais non librement » des actes, et disent « volontairement, mais non librement » des paroles, déterminés qu'ils sont par un Auteur (peu importent son essence et.son nom) qui pour nous demeure invisible.
La croyance naïve à la Liberté, acceptée