VIII. — EE LIBRE ARBITRE
que la Nature fait à elle-même par sa répugnance à aller droit au but.
Cette loi des compensations par laquelle incessamment Elle corrige le mal par le bien, elle restreint le bien par le mal, elle paralyse un de ses excès par un autre excès. N'explique-t-elle pas aussi la doctrine de l'expiation que l'on trouve dans l’organisme de toutes les religions positives : celle-ci n'est-elle pas le retentissement dans les âmes timorées de cette fatalité oscillatrice qni rétablit sans interruption la passagère harmonie en faisant surgir un remède dès qu'il y a un désordre, en suscitant une cause de trouble dès qu'il y a une sérénité trop belle? Mais le mystère subsiste : pourquoi ces troubles et ces rétablissements, pourquoi cet ordre et sa dispersion se succédant sans trève avec les alternances du pendule? Pourquoi pas tout de suite la paix et le bonheur, et leur maintien permanent dans la douceur d'une félicité sans tares?
Oui, la Nature, la splendide séductrice
Nature, est sournoisel.Oul, ele éstiouvent cruelle! Oui, elle n'aime pas la beauté faite de sérénité pure et .quel'ést l'artiste: qui, en cela, ne sera pas d'accord avec elle? Oui, elle est indirecte en ses œuvres, elle affectionne les: ‘tfemporisations "ét des détours 1'2PlEe digresse volontiers. Elle vagabonde dans l'exécution de ses plans! Mais alors quoi d'inadmissible dans « l'illusion » de la liberté inspirée non pas même à tous les hommes (car combien en d’autres lieux du Monde croient que: <-tout être porte Sakdestinée attachée à son cou >»), mais à ceux de notre race; non pas aux hommes de tous les temps, mais spécialement à ceux du siècle où je suis né : dans le passé, combien ont douté ou cru au fatalisme, et maintenant combien suivent la pente sur laquelle je me sens glisser!
Irrésistiblement, et de plus en plus, observant mes actions et observant les actions des autres, J'ai une tendance à les expliquer par ces pensées, investies d'un nuage parfois attristant parce que je quitte à peine la claire