Voy. p. 25 du même poëme
Hic plurimoram trivit aulas prlncipnm , Nec defuere quels placeret principes...
4. H. Estienne se trouvait notamment à Vienne au mois d'octobre 1576, lorsque ce prince mourut.
( CXXXVTII )
le zèle soutenu du roi de France; Estienne n'entretint avec aucun d'eux les relations étroites et familières qui l'unirent à ce prince : aussi l'affection qu'il avait vouée moins à sa fortune qu'à sa personne lui survécut-elle. Quand le poignard dont Henri III avait frappé les Guise se fut retourné contre lui, il le pleura avec amertume et lui consacra de nombreuses épitaphes 1 , où, sous l'effort qui cherche le bel esprit, perce l'émotion d'un regret sincère. Jamais, depuis, il ne manqua l'occasion de rendre hommage par ses écrits à une mémoire qui lui resta chère et vénérée.
Ces sentiments de gratitude, joints à la douleur que lui inspiraient les déchirements des troubles civils, éclatent surtout dans un opuscule qu'il composa l'année qui suivit la mort de ce monarque : c'est un dialogue où Henri Estienne se met lui-même en scène , s'y donnant pour un de ces Français-, alors trop rares, qui, peu soucieux de la politique et demeurés fidèles à la seule cause du pays, ne voulaient que le sauver de ses propres fureurs. Il converse avec un étranger, comme lui plein d'amour pour la France 1 . A la faveur d'un cadre fort goûté du xvi* siècle, et qui va bien au caractère de son esprit , l'auteur épanche les émotions pénibles dont son âme était oppressée. Néanmoins on déplore que ses antipathies religieuses, s'y montrant à découvert, semblent éloigner les chances de la conciliation et de la paix dont ses vœux pressaient le retour. Dans ce pamphlet, qu'envenime trop souvent
1 . Il y en a en français , en latin et en grec : voy. Dialog. Philocelt. et Coron., p. 331-346 du vol. intitulé Musa monitrix.
2. Dialogus Philoceltœ et Coronelli, in-8°, 1590. — Sous le dernier nom, qui est une variante de celui de Stephanus (<rré<pavoç, couronne), on reconnaît aisément Henri Estienne, qui Ta encore employé dans d'autres ouvrages.