‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 102 sur 256 · CXXXIX · texte numérisé non relu

CXXXIX

la passion du sectaire , il s'arme en effet contre le catholicisme des imputations haineuses accréditées parmi ses contemporains, et des forfaits de quelques insensés. Après avoir raconté fort en détail l'assassinat de Henri III par le jacobin Jacques Clément, et celui du prince d'Orange, victime du fanatique Gérard , il s'étend sur les tentatives de meurtre qui ont menacé les jours de la reine Elisabeth d'Angleterre, et s'efforce d'en faire retomber tout l'odieux sur les ennemis du protestantisme. Les moines , à ce titre , sont accablés par lui de calomnies et d'injures. On regrettera en outre que l'infortunée Marie Stuart soit présentée comme une criminelle , justement punie du dernier supplice» Mais ce qui forme la partie la plus vraie et la plus attachante de cet ouvrage, c'est le tableau de l'état où languissait la France, troublée par les querelles de dogme et déchirée par l'ambition des grands. Ëstienne y décrit en traits énergiques la foi et l'hospitalité livrées au mépris, la division au sein des familles, les liens les plus sacrés rompus , et la guerre partout allumée , cette guerre sans pitié où d'Aubigné nous a peint, dans des vers qui annoncent Corneille ,

Les pitoyables mères,

Pressant à l'estomac leurs enfants éperdus , Quand les tambours français sont de loin entendus ' .

L'image attristée de la patrie se dressant constamment devant ses regards, H. Ëstienne n'épargne pas les auteurs des maux qu'elle endure. Parmi eux il signale au premier rang les Guise , dont la mort violente a , selon lui, dignement expié les complots; il se déchaîne contre la faction de la Ligue, dont il découvre les desseins secrets,

1. Tragiques y liv. I e *. On se rappelle Virgile, i^n. , VU, 518 :

Et trcpldae matres pressere ad pcctora natos.

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