‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 105 sur 256 · CXLII · texte numérisé non relu

CXLII

imputations de déloyauté qui , comme on le verra, se sont élevées contre lui.

Les beaux temps de l'imprimerie d'Estienne ne devaient plus qu'imparfaitement renaître. Un retour d'activité s'y manifeste néanmoins à la fin de 1585. Lassé de courses infructueuses et de promesses stériles , les exhortations qu'on lui adressait de toutes parts réveillent son ancienne ardeur : il annonce que, dans son établissement réorganisé S les publications vont se suivre aussi rapides qu'autrefois. Une lettre de Mélissus, poète de ses amis qui Ta célébré dans ses vers , le félicite de cette sage , mais peu durable , résolution. Henri avait contracté pour toujours l'habitude d'une existence aventureuse. Quoiqu'il se plaignit non sans motif du détriment que les voyages avaient causé à sa santé 2 , ce genre de vie flattait trop vivement son humeur inquiète et sa passion de découvertes savantes pour qu'il pût y renoncer désormais. La fortune vers cette époque ne lui épargnait, du reste, aucune espèce d'assaut. Dans un naufrage récent sur le Rhin , il avait perdu une cargaison considérable de livres transportés en Allemagne* : bientôt il apprenait par une lettre de son fils Paul qu'un

1. Yoy. ses lettres de cette époque qui roulent particulièrement « de officinae suœ instauratione. »

2. Yoy. une lettre du 22 mars 1585 qu'il adresse à son fils Paul.

3. Voy. la xn 6 des lettres publiées par M. Passow -. « Jactura il la, dit-il, maxima futura est et ad illam quam ob motus gallicos patior maximum cumulum faciet. » — H. Estienne a raconté un accident de nature semblable arrivé à Guarini de Vérone. Celui-ci avait acquis à Constantinople, environ vingt ans après la prise de cette ville , beaucoup de manuscrits grecs qu'il avait chargés sur deux vaisseaux dont l'un périt : le chagrin de cette perte fut pour lui si vif et si cruel que ses cheveux blanchirent en une seule nuit. V. le dialogue de Henri Estienne, de bene insti- Utendis lingtue grœcœ Studlis, p. 111 et it 2.

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