CXLV
ce second torrent de barbares qui menace le monde civilisé.
Ces vœux , ces sentiments guerriers , remplissent deux harangues pleines d'une fougue un peu désordonnée , qu'il présenta lui-même à Rodolphe II *, aux électeurs, et aux princes du saint Empire, réunis dans , une assemblée générale à Ratisbonne a . La première est une réponse au livre du Génois Uberto Foglietta qui avait tenté d'expliquer, peu auparavant, à quelles causes l'empire ottoman devait sa prospérité et sa grandeur. Henri , en attaquant plusieurs parties de ce travail , s'attachait à prouver que la puissance des Turcs résidait moins dans leurs propres forces que dans les vices et les divisions de leurs adversaires. L'autre harangue était une pressante exhortation aux princes chrétiens , de former contre ces ennemis de la civilisation et de la foi une ligue vigoureuse 3 . A ces discours il ajouta vers
1. La vignette du V e volume du Trésor grec, réimprimé par MM. Didot, reproduit cette circonstance.
2. « Ad Augustissimum Ceesaiem... H. Stephani oratio ad ver s» s lucubrationem Uberti Folietae de magnitudine et perpétua in bellis felicitate imperii turcici. — Exhortatio ad expeditionem in Turcas...;» Francfordii ad Maenum, 1594, in-8°. La Bibliothèque nationale possède de cet ouvrage un fort bel exemplaire : J. 49 1 . Les morceaux qui le composent parurent la même année à Francfort, traduits en allemand ,in-4°.