CLXXIV
ceux qui se rapportent à l'étude du grec, enfin , ceux qui concernent la langue latine, demeurée au xvi« siècle le principal organe de la civilisation européenne.
À la première classe appartiennent, outre les remarquables travaux qui ont passé précédemment sous nos yeux, deux ouvrages qu'il nous reste à considérer ici, celui des Proverbes épigrammatisés , écrit en français, et un recueil latin d'observations sur notre langue.
Ce dernier livre est comme un appendice de Henri à la Grammaire française de son père , dont il avait donné jadis une traduction latine. Il parut en 1682 sous le nom à'Hypomneses*. C'est en le citant que l'abbé d'Olivet n'a pas craint d'appeler notre Estienne « le plus célèbre grammairien du xvi e siècle 3 : » grave témoignage qui indique assez le cas que Ton doit faire de cette œuvre. L'auteur, tout en voulant, comme il le déclare dans son titre , instruire ses compatriotes , avait spécialement pour but de rendre aux étrangers l'intelligence de notre langage plus abordable et son emploi plus facile. Ce qu'il leur recommande avant tout, c'est d'être fort attentifs à contracter une prononciation pure et régulière. Pour en amener l'usage, il passe en revue toutes les lettres, il en détermine la nature et le son d'après les places qu'elles tiennent et les mots qu'elles concourent à former. Il veut également qu'on se préoccupe de l'exactitude de l'orthographe , alors trop abandonnée aux
1. Hypomneses de gallica lingua..., in-8° : $7c6(i.vY)fftç , avertissement, mention, commémoration. On peut traduire Mémoires ou Avis sur la langue française. -*- Dans le même volume se trouve encore la traduction réimprimée de la Grammaire latine de Robert Estienne, et un traité latin de Mitelaire sur les mots français originaires de la langue hébraïque, auquel est jointe une préface de Henri.