‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 138 sur 256 · CLXXXII · texte numérisé non relu

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d'oser de leurs livres : la justesse du goût ne le cède jamais chez l'auteur à la profondeur de l'érudition.

On attribue en outre à Henri Estienne un traité sur la prononciation du grec 1 , où sont combattues quelques opinions précédemment autorisées par Érasme 1 . Mais ce morceau qui n'a été mis qu'assez tard sous son nom*, a d'abord été placé , et avec assez de vraisemblance , sous celui de Pierre Gaultier (Gualterus) 4 , savant aussi recommandable par sa vertu que par son érudition das-

1. Voici le titre primitif de ce traité qui parut en 1580 : « Apologeticum pro vetere linguœ graecae pronuntiatione, ex hodierna cacophonia in prucam euphoniam facile vindicanda, » Pansus, J. Poupy , in-8°. Le même traité a reparu en 1587, avec un titre ainsi modifié : « Philo pappus Huralt. Hospitaliorum fratrum, seu Apologeticum..., » le reste comme auparavant; Basileœ, petit in-8*. Dans le recueil suivant , imprimé la même année par Henri Estienne, on lit sur le frontispice : « De germana (vera) Pronuntiatione graecae linguœ Commentarii Theodori Bezœ , Jacobi Cerratini, Adolphi Mekerchi Brugensis, Michaelis Hospitalii ; et de recta pronuntiatione linguae latin» J. Lipsii Dialogus, » in-8°. — Le traité ci-dessus indiqué est celui qui est donné sous le nom de Michel de L'Hôpital ( sans doute Michel Hurault de l'Hôpital , seigneur du Fay, petit-fils du chancelier, le même qui a fait imprimer les Poésies de son aïeul et que l'on a regardé comme l'auteur d'un morceau éloquent et patriotique, intitulé V Anti-Espagnol). Enfin il a été placé sous celui de Henri Estienne lui-même dans le recueil d'Havercamp , qui a reproduit exactement la publication précédente , en l'intitulant : a Sylloge scriptorum qui de linguœ graecae veia et recta pronuntiatione Commentarios reliquerunt, videlicet Adolphi Mekerchi , Theodori Bezœ , Jacobi Cerratini et HenriciStephani... » , Lugduni Batavorum, 1736, in-8\

2. Voy. son Dialogue sur la vraie prononciation du latin et du grec, 1528 : il y veut, entre autres choses, que Téta se prononce comme on récrit, ce qui se fait dans nos écoles; mais par la suite il revint de cette idée.

S. C.-à-d. dans le liv. cité, Sylloge scriptorum qui de linguœ grœcœ, etc., p. 377-476.

4. Voy. le « Catalogue des livres imprimés de la Bibliothèque du roi, » 1. 1*' : Grammairiens.

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sique 1 , qui, né en 1516 et mort en 1597, fut chargé par L'Hôpital de présider à l'éducation de ses petits-enfants. Il a paru depuis comme l'œuvre d'un ou même de plu- ' sieurs petits-fils de L'Hôpital : ce qu'il n'est pas difficile d'expliquer. Le véritable auteur, par un de ces déguisements fort goûtés au xvi« siècle, a voulu en effet donner à son travail la recommandation d'un noble souvenir, en supposant que des petits-fils du vertueux chancelier, qui termina sa vie en 1573, avaient écrit ce morceau, pour l'adresser à leur grand-père 3 . C'est oe qu'annonce la préface, datée de Vignay en 1578 , où l'un des petits-fils que Ton fait parler s'excuse de la publication d'une œuvre, si peu importante suivant lui, qu'il n'a rédigée quelques années auparavant, que pour satisfaire la curiosité et sur la demande de Michel de l'Hôpital à qui elle est dédiée. A ce sujet il s'honore de rappeler l'illustration répandue sur le nom qu'il porte par ce grand homme, la gloire de sa patrie comme de sa maison, dont il affirme que les lettres ne laisseront jamais périr la mémoire. Au début même du traité, pour justifier l'intérêt que le chancelier prenait à ces questions de grammaire et de langue , il cite beaucoup de personnages fameux qui ont mêlé le goût des lettres au soin des affaires publiques, en premier lieu César, qui trouva assez de loisir, dans le passage des Alpes, pour composer deux livres sur V Analogie. 11 aborde ensuite la

1. On le connaît également sous le nom de Chabot qui était celui de sa mère. Son principal ouvrage fut un commentaire sur Horace. La Biographie universelle ne dit rien du PhilopappuS dans l'article qu'elle lui a consacré*

2. De là le nom, plus haut cité, de PhUopappus (ami de l'aïeul) qui désigne généralement ce travail. — Le chancelier de L'Hôpital n'avait conservé qu'une fille : elle épousa Hurault de Bélesbat et lui donna plusieurs enfants.

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