CCXI
France. Pour se déclarer son sujet fidèle, il n'a pas attendu que Paris lui ouvrit ses portes 1 ; il lui recommande de veiller sur une vie si nécessaire et menacée par tant de périls 2 : que de crimes privés, fruits du fanatisme, se joignaient en effet aux désastres de nos discordes civiles I le sang ne coulait pas seulement sur les champs de bataille : les assassins étaient plus à craindre que l'ennemi. Contre eux, principalement, il veut prémunir Henri IV, en le suppliant, au nom du salut public qui repose sur sa tête, de se garder des embûches qui l'entourent. Les mêmes avis, non plus particuliers, mais communs à tous les princes de la chrétienté, se renouvellent dans plusieurs autres pièces en vers qui accompagnent le présent poëme, espèces de corollaires où l'écrivain continue son rôle de conseiller du pouvoir. C'est d'abord un morceau pareillement en ïambes, sous le titre du Roi et du Tyran 1 , portrait vigoureusement contrasté de l'un et de l'autre , qui enseigne à réaliser les vertus nécessaires au premier et à fuir la perversité qu'implique le seul nom du second ; puis un petit traité en vers hexamètres sur l'art de bien gouverner 4 , où, résumant sous une forme brève et sévère les préceptes qu'il a donnés aux princes, Henri Ëstienne redouble d'efforts pour les presser de s'y soumettre ; enfin une suite de soixantetrois distiques, séparés par le même cri d'alarme, répété après chacun d'eux s : sorte de refrain menaçant par lequel il les somme de méditer leurs devoirs , en même
i. Potlsslmumque raea Lutetia (scd raeam ,
Rcgt est rebellls dum suo , ne dlxerim)...
a. Abslt a te (serrao plangat hic meus,
Plangat pararoper, flniatur et siraul ) Monachalem ut ensem , sicut llle, sentias !..