XVIII
notes qui raccompagnaient, et dont plus d'une était empreinte de l'esprit de Calvin , il les attribuait au professeur d'hébreu François Vatable, affirmant qu'elle? avaient été recueillies à son cours. Mais on l'accusa d'avoir voulu couvrir ses témérités d'une autorité respectable. Vatable lui-même, ou par peur ou par conscience, se montra fort mécontent et désavoua Robert. Le fait de l'entière franchise de celui-ci est demeuré contestable, et ce n'a pas été en cette seule occasion. « Il est certain , dit Richard Simon dans son Histoire critique du Vieux Testament 1 , que Robert Estienne n'a pas agi avec assez de sincérité dans la plupart des éditions de la Bible qu'il a données au public , et qu'il a voulu en imposer aux théologiens de Paris.. • Ceux-ci toutefois , ajoute-t-il , auraient pu le traiter avec plus de douceur et de charité. »
Pour protéger Robert contre leur ligue formidable 2 , il ne fallait rien moins que la bienveillance de François I er , qui ne se démentit jamais à son égard 8 . Aussi , gratifié et honoré par ce monarque, lui payait-il un juste tribut de reconnaissance, en lui dédiant ses livres, sur lesquels il inscrivait cet hémistiche d'Homère : a Au bon roi, au vaillant soldat 4 . » Marguerite de Navarre, à l'exemple de son frère, couvrait de son patronage l'il-
dans ce livre, un peu plus loin , relativement aux notes de Robert Estienne, que si quelques-unes méritaient d'être condamnées , la plupart étaient fort utiles.
2. « Theologi parisienses, a dit Robert, me ad ignés usque persequuntur, quod Biblia imprimere ausus sim : » Resp. ad cens., p. 7.
3. Voy. la préface de PAppien publié par Henri Estienne, où il rapporte que ce prince donna à son père des preuves de son attachement peu de jours encore avant de mourir.