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de Henri, avait prétexté, pour prendre le chemin de cette ville , la nécessité de sa présence aux foires de Lyon et dans quelques autres lieux où il avait des rapports de commerce. A la faveur de ce prétendu voyage , il se dirigea vers cet asile, et il y était arrivé dans les derniers mois de 1550 ou au commencement de 1551.
A cette époque, Robert, devenu veuf depuis quelque temps, avait contracté un second mariage qui ne lui donna pas d'enfants 1 . Sa première femme, à laquelle il dut sa nombreuse famille, était Perrette Bade, dont le père, Josse Bade, surnommé Ascensius en raison de son pays (il était natif d'Asch, près Bruxelles), fut l'un des auteurs de la révolution typographique qui fit abandonner les lettres gothiques pour les caractères romains. Celui-ci, qui eut un fils, Conrad Bade, distingué aussi dans son art, était en outre érudit, rhéteur et poète : un jour même Érasme le compromit par trop d'estime, en établissant un parallèle à son avantage entre lui et l'illustre Budé 2 . Il % eut, du moins, la bonne fortune de marier ses trois filles à trois des artistes qui ont le plus honoré l'imprimerie française, Robert Ëstienne, Michel Vascosan et Jean de Roigny.
Perrette , en particulier , méritait d'avoir un père que Henri Ëstienne ajustement appelé a un homme de bon esprit et de grandes lettres pour le temps 5 , » et de
1 . Ce fut avec une veuve du nom de Duchemin , et vers la fin de 1550.
2. Epist. xx , 87. Voy. au sujet de ce caprice d'Érasme sa Vie par de Burigny, t. 1", p. 554. Tusan vengea Budé par cette épigramme :
Desine ralrart quare postponat Erasmus Budœum Badlo e plus favet Ule pari.