Vin rouge, faible en couleur : rubellum vinum
(67) griflj fxixpov cpOlyYOvxai xa\ foyvov xat Y^vaixaiSsç , il est certain que ce n'est pas pixpov pour pixp&ç, et ainsi consequemment, mais il fault entendre cpOsYpa. Ainsi est-il quand nous disons : H parle gresle ; car comme avec \<r/y6v (qui signifie gresle) il fault entendre çôéypa, ainsi avec gresle fault entendre , Un parler ; tellement que ce soit autant que si on disoit : Il parle un parler gresle. Car chascun sçait que nous usons de nos infinitifs en guise de substantifs , comme en ceste locution : Il ha un parler mauplaisant, ou, Il est maugratieux ' en son parler. Item : Escoutez mon dire, ou , Je trouve bon vostre dire. Or , de la mesme sorte que nous disons, Il parle gresle , nous en disons plusieurs autres, comme , Il parle gros , il parle cas 2 , Il parle gras, D parle enroué, Il parle efféminé (qui est le yuvocixco&ç de Lucian). Finalement, en parlant cidessus de quelques locutions esquelles les Grecs omettoyent et laissoyent à entendre ce mot pépoc, comme les François ce mot part ou portion , qui signifie le mesme, je n'ay monstre qu'un usage de ceste omission , asçavoir avec le génitif cas. Ici j'advertiray encores d'un autre usage; c'est que quand nous parlons ainsi : Fendu ou • parti en deux, ou en trois, ou en quatre, et ainsi consequemment, nous omettons ce mot^arsou parties, à la façon aussi des Grecs. Lucian, au dialogue intitulé le Banquet ou les Lapithes : SistXe Bï toïï vujxcptou to xpa-
vfov lç Suo.
1. Pour malplaisant, malgracieux. Mau s'est ainsi modifié dans plusieurs autres mots, tels que maugré devenu malgré; il a subsisté dans maudire, maussade, etc. Autrefois, au lieu de mal, val, cheval, on disait mau, vau, chevau : d'ohchevau-léger^etc.
2. C.-à-d. sa voix est cassée. Cas est un vieux mot français qui veut dire brisé, rompu : de quassare. — Au sujet de toutes ces ellipses , Beiz , Belga grœcissans, p. 340 et suiv. , entreprend de prouver que le néerlandais ne le cède en rien à notre langue.
Obs. 5. J'avols délibéré de garder les noms qui s'omettoyent, pour la fin de ce chapitre; mais n'ayant peu traicter du génitif cas sans entrer en ce propos, j'ay pensé qu'il seroit bon de le poursuivre tout d'un train; ce que j'ay faict. Maintenant donc, afin de vuider du tout ceste matière , je suis d'advis de parler des noms qui au contraire se mettent superfluement tant en une langue qu'en l'autre; puis je viendray aux autres espèces de conformité particulière entre le nom grec et le Rostre. Les Grecs donc usent souvent sans besoin de quelques petits mots, entre lesquels sont ceux-ci , jaovoç, oftXoç , tU (et non past(c), et ne plus ne moins usons-nous des nostres qui ont mesme signification que ceux-ci. Venons aux exemples , et premièrement de prfvoç. Lucian, en l'opuscule qu'il a intitulé Pseudologistes i , Kai toÙ; ôptXy]?&ç , oTç îxavàc 3Jv Ixelva fjitfva th. xaxà t ou aou aro-
(j.ato; a7ToXausiv. Semblablement a dit iEschines , Oùx
a7ré^p7)aev auTOtç toutov [aovoy tov Spxov ôjxoaai 2 . Ainsi se
trouvera au III e livre de Thucydide , en la page loi de mon édition, un povov adjousté à tcotoutov, lequel suffisoit. Vray est que la aussi bien peult-il estre adverbe que nom. Or, pour venir aux exemples de nostre langage , je di que ce mot seul se met en plusieurs locutions lesquelles s'en pourroyent bien passer; comme quand nous disons : Je n'en ay pas eschapé un seul. Item, Il ne m'a pas respondu un seul mot. Il y a, d'avantage, que comme le nom (aovoç se met superfluement, aussi se
1 . Le faux raisonneur : c'est une diatribe , assez peu digne de Lucien , contre un grammairien qui Pavait accusé d'avoir fait une faute de langage.
2. Harangue sur la couronne : t. V, p. 113 de l'édition des Œuvres complètes de Démosthène et d'Eschine donnée par M. Planche.
( 69 ) met l'adverbe povov , et en nostre langage pareillement se trouve telle superfluité de l'adverbe seulement que du nom seul, comme il sera déclaré au chapitre de l'adverbe. Exemple d'aXXoç superflu. Theocrite , in Helenœ epithalamio, O&x ' A^audcowv ^oît av waxeî ouSefxC dfXXa 1 . Et en l'opuscule intitulé Megara, lequel on doubte n'estre de
luy 2 , Tou 8* outiç y^vet' dtXXoç à7roT(jLOxepoç Çcdô'vtwv. Et en
Homère mesmes s'en pourront trouver des exemples; mais sans aller jusques aux poètes, il s'en trouvera quelqu'un es auteurs qui ont escript en prose. Toutesfois pour le présent , me contentant de ceux que j'ay amenez , j'advertiray seulement qu'à nous aussi ce mot autre est superflu en certaines façons de parler, desquelles cesteci est une : Un autre meilleur.
Le tU superflu ha deux usages, dont l'un est commun au nombre singulier et pluriel , l'autre ne se trouve qu'au pluriel. Exemple du premier qui est commun aux deux nombres, Euripide: AouXoï y&p &£pa, x$v 3p<xflruffwXaY^voç tiç ^ 8 ; Theocrite , 'Eyàv Se tiç oô Ta^uirstfofc. Item, ly*) Se Ttç £Î{xl (xsXtxTa; 4 . Lucian , en l'opuscule nommé Dionysius, w^ocpdÉYOuç yap Tivaç auxàç slvae. En
1. Henri Estienne cite de mémoire, ce qui explique les légères inexactitudes que Ton a parfois remarquées dans ses citations : ici on lit ce vers un peu modifié dans d'autres textes de Theocrite; Analecta de Brunck:
OTa yaîav Axait£8a oàSepCa natct àXXa ; et dans redit, de M. Boissonade :
OÏol yaïav 'AxatïàSa waxet 0086111* àXXa.
2. On croit aujourd'hui que cet ouvrage appartient à Moschus, Syracusain, qui marcha sur les traces de Theocrite et obtint, quoique fort au-dessous de lui, un rang encore honorable. 11 vivait sous le règne de Ptolémée Philadelphe.