‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 205 sur 256 · Dans son poème des Travaux et des Jours, v · texte numérisé non relu

Dans son poème des Travaux et des Jours, v

2. Ajax, v. 21 et 22. Henri Estienne rappelle cet exemple dans son Thésaurus et y joint d'autres citations semblables ; voy. l'édition Didot, t. III , col. 2622.

.•:.-.-:: : "• (nos ) qôl îdfsetft^v ifeîcôpeufAÉvoc, ainsi que nous, II cstoit allé, et les Latins, erat profecius.

Obs. 3. Nous suivons aussi (si je ne m'abuse) les traces de ceste manière de parler grecque IftéXXw ypacpetv , MéXXco 7touïv, quand nous parlons ainsi, Il est pour parvenir , ou , Il sera pour parvenir. Item , Il est pour devenir riche. Item , Cela sera pour le ruiner. Pour le moins j'ose croire que quelque peine qu'on mette à cercher une façon de parler latine, italienne ou espagnole, on n'en trouvera point qui approche si près que ceste-ci. Et mesmes quiconque ha cognoissance des deux langues (je di de la grecque et de la nostre) peult veoir comme une locution exprime l'autre, mot pour mot, en adjoustant seulement ceste particule pour. Mais voici en quoy il y a quelque différence : c'est que eeluy qui dit f&éXXei icXouTelv, ne laisse point son propos doubteux , comme celuy qui dit, Il est pour devenir riche, ou, Il est homme pour devenir riche. Pareillement celuy qui dira peXXci) wopeuwôai, ne laissera point l'auditeur en suspens, comme celuy qui dira, Je suis pour y aller, ou, Je suis homme pour y aller, ou , Je suis bien homme pour y aller. Car celuy qui parle ainsi, monstre qu'il n'est point encores du tout résolu d'aller. Nous avons bien encores des autres façons de parler, esquelles nous usons du verbe substantif avec l'infinitif, en mettant au devant la préposition à (comme quand on dit, Je devrois estre ja de retour > et je suis encores à partir); mais d'autant que la signification n'accorde pas 1 si bien avec le {i.eXXa> joinct à son infinitif , je les laisseray. Mais quant à ceste-la que j'ay proposée, si quelqu'un

l. Forme neutre alors reçue : comme on dit en latin non convenu. Toutefois, dès cette époque , on employait le plus souvent ce verbe dans le sens réfléchi.

refusoit de la prendre en eschange de la grecque, à cause de la différence que j'ay confessée , je luy en presenteray encores une autre, et puis luy donneray le chois. Geste autre-ci est telle. Je doy demain soupper avec mon frère, au lieu de ce que le Grec dira, Miklw aupiov Setitvetv fucia tou dSsXcpou. Ou, Je doy tantost aller à l'esbat 4 , ou , J'en doy sçavoir des nouvelles ce soir. Car je croy qu'il n'est besoin d'advertir ceux qui sont François naturels que ce doy ici ne signifie pas , Je suis tenu de devoir, ou, Mon devoir m'oblige à ce faire; comme il signifie quand on dit, En me faisant apparoir 2 du dommage, je l'en doy recompenser. Quoy qu'il en soit, pour le moins il est certain que ce f/iXXro ha trop plus de convenance avec nostre doy qu'avec le debeo des Latins. Car qui jamais a leu en quelque bon auteur latin, Debeo ire cœnatum cum fratre, pour Statuiire cœnatum, ou plus simplement iturus sum cœnatum? EX quant à ce passage de Ciceron* , Certorum hominum fquosjam debes suspicari) sermones referebantur ad me, si ce debes respondoit à piXXeiç, il fauldroit dire que debes suspicari signifiast suspicaturus es : ce qui seroit fort impertinent * ; et à mon jugement, ce debes seroit plustost ce que les Grecs disent elxoç !<tti je , suivant un infinitif. Voila ce que j'avois à

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