De là cette brève sentence de Pythagore : 0etj> &rcov
a. On disait alors du mont à val pour de haut en bas , « quasi de monte in vallem,» traduit Nicot : delà notre verbe avaler,
(us)
gorger dedans le creux d'une vallée, le pasteur qui est bien loing en a incontinent ouy le son , ou , Aura aussitost ouy. Car J'enten que ce prétérit a ouy se prenne ici ne plus ne moins que quand nous disons : Le moindre bruit qu'on face pendant que je dors, je l'ay incontinent ouy, ou, Je l'auray aussitost ouy , au lieu de dire par le présent, Je l'oy incontinent; c'est-à-dire, J'ay coustume de Fouir incontinent. Comme aussi en cest exemple que j'ay amené cidessus, Si une souri seulement fait bruit, je suis incontinent esveillé, ce prétérit je suis esveillé se prend pour Je m'esveille; et Je m'esveille, se prend pour J'ay accoustumé de m'esveiller. Et ainsi est-il des passages suivans , qui sont pris des livres escriptsen prose. Lucian, en son Toxaris, iizeàfo
a$i*Y)6s(c xtç wpoç itlpou, dfxuvaaôai pouXofxevoç, fofl xotÔ r iauxov oùx àÇtOfxa^oç oto , ftouv tepéuaaç , xà (/iv xpea xaxaxtyaç Tty^asv, aùroç Se IxraTaffaç X*!* ^ T ^i v pupaav,
xotôt)T«i lit' aùx9iç, ei< ToùirCau) , etc. Le mesme auteur t au dialogue intitulé Prometheus r àXXà auYYvcoprjv aTrovs-
fAOoaiv aùxoTç * el 8è xa\ 7tàvu àpyiaôeïev , y} xovSuXouç iv&- Tpufav, yJ xa\ xaxà xo'^c éiraTo&xv.... Que si quelqu'un vouloit dire que ces aoristes ici ne se deussent resouldre en presens (ainsi que j'ay dict), je le prierois, puisque ainsi seroit, de m'accorder en ce dernier passage Ive- Tpt^av et e7raTa£av avec àitov£fj.owtv ; et pareillement de m'accorder dwréaêrjffav avec Siapxoïïsi en ce passage du dialoge intitulé Charon*, ixefvwv roi'vuv (twv <puoraXXtowv)aî fjt.év tivs; (AixpaC efei, xa\ auTixa IxpayeTaai àiréar€v)arav * ai § r
qui signifiait descendre , d r où , par extension , faire descendre , seule acception qui lui soit restée , et encore dans le sens restreint de faire descendre les aliments dans l'estomac.
1. Char on ou les Contemplateurs : morceau très-spirituel, qui semble avoir donné à Le Sage la première idée de son Diable boiteux.
lia nXéov Siapxoïïai. Mais il se trouveroit si empesché qu'il luy seroit force de se renger à mon opinion. Or, pource que ce dernier passage est fort propre pour monstrer la convenance de ces deux temps de diverses langues, et aussi contient une comparaison fort belle , je le traduiray tout entier. Gharon est introduict parlant ainsi à Mercure : Je te veulx donc dire, Mercure, à quoy me semblent les hommes resembler, et toute leur vie. As-tu jamais veu de ces bouteilles 1 qui sont en l'eau dégouttant de quelque canal? Je di ces petites bouteilles desquelles s'amasse de l'escume. Les unes sont petites, et s' estant crevées sont aussitost perdues; les autres durent plus longtemps, et se renflent de plus en plus, par le moyen des autres qui s'assemblent avec elles : mais en la fin toutesfois celles-ci se crèvent aussi bien ; car il ne se peult faire autrement. Voila que c'est de la vie des hommes : tous sont enflez de vent, les uns plus grands, les autres moindres; et les uns ont ce vent de fort petite durée, les autres ont aussitost pris fin qu'ils se sont eslevez. Quoy qu'il en soit, il est force que tous viennent à se crever.
J'adjousteray encores un petit mot, c'est que nous usons aussi des verbes impersonnels en ceste sorte, comme quand nous disons : Si je le rencontre, c'en est faict , ou, C'est autant de despesché.
Obs. 8. Quant aux modes des verbes, il fault noter que quand de l'infinitif nous en faisons un nom , en mettant l'article devant, nous tenons cest usage des Grecs; car comme nous disons, Le boire, Le manger, et autres, ainsi disent-ils to 7cieîv, to çaYeîv. Ce que Perse a imité quand il a dict ,
Scire tuum nihil est, nisi te scire hoc sciât alter... l . Ce sont des bulles.
Quando ad canitiem et nostrum istud vivere triste
Aspexi...
Velle sauna cuique est 1 .
Obs. 9. Nous avons aussi en nos verbes les mesmes commoditez de composition (ou la plus grand part) qu'ont les Grecs. Car premièrement , nous mettons des prépositions, qui signifient privation , devant plusieurs verbes, ainsi comme eux; au lieu que les Latins sont contraincts d'user d'un autre verbe. Exemple : les Grecs disent Çcuyvueiv ouîeuyvjvat, ce que les Latins ligare, les François lier ; mais au lieu que nous exprimons la privation ou l'action contraire par le mesme verbe, nous servans d'une préposition que nous mettons devant, et disons deslier ainsi que les Grecs dTroÇeuYvuecv, eux sont contraincts d'user d'un autre verbe, ascavoir solvere. Ainsi est-il de ict<rr£uetv, croire; à7ct<rceïv, decroire : comme quand on dit , Je ne le croi, ni le decroi 2 ; ce que le langage latin n'ba pas. Item , nous avons aucuns verbes composez, signifians privation, desquels les simples ne sont point en usage; mais la composition a esté formée sur les noms , à l'imitation des Grecs: comme drcoxe^aXfetv , décapiter; ce que les Latins ne peuvent exprimer de mesme sorte.
Item, nous avons ceste particule re qui respond fort bien en composition à Yârzl des Grecs; comme irateev,
1. Le vers scire, etc., a déjà été cité , p. 28; le second passage se trouve an commencement de la satire première ( mais il faut lire plutôt : tune, qunm ad...); le dernier appartient à la cinquième satire.
2. Mecroire s'employait dans le même sens, et il est à regretter que ces deux verbes, passés d'usage, doivent aujourd'hui être remplacés par des périphrases. « C'est moindre mal , écrivait Charron, mecroire Dieu que de s'en moquer. » Sag. ,111, 14.
frapper; àvTwcafetv , refrapper; xootoXoYetv , mauldire ou injurier; dvTtxaxoXoyeïv , reinjurier ou remauldire , que Suétone s'est ahardi de dire remaledicere 4 . Or, est-il vray que nous lie mettons pas nostre re devant tous verbes, comme les Grecs mettent leur cxvti , mais en mettant ce re au devant des verbes faire et dire, nous suppléons en partie à ce default. Exemple : le Grec dira, làv ôêptVfl; (as ti , lyo> ce àvôu6p(<jw * et nous , Si vous me faites quelque tort, je vous en referay ; ou au contraire, làv X a P^ F 101 ' Tl > ^Y^ cot avTi^ap(<ro{jt.ai , Si VOUS me faites du plaisir, je vous en referay. Item, làv pe Xu7t^(jy)ç, iyca ce àvriXuinfaco , Si vous me faites de la fascherie, je vous en referay. Il est vray qu'ici nous pouvons bien user aussi des verbes, en disant, Si vous me faschez, je vous refascberày. Voila quant aux exemples du verbe faire, quand ceste particule re luy est adjoincte. Du verbe dire ayant ceste mesme adjonction, je me contenteray d'amener cest exemple, làv pe àveiôtVflç , iyco ae avTovetô(<jw , Si tu me dis des reproches , je t'en reàiray .
Gomme aussi les Grecs disent SXXqXocpoveTv* ou aXXr r Xoxtovsïv , nous disons , S'entretuer ; dU^Xo^aym , S'entreraanger, etc. , ce que les Latins ne peuvent aucunement exprimer ainsi par verbes composez.
Obs. 10. J'ay aussi pris garde que nous avons, comme les Grecs, des verbes dedans lesquels est enclose la signification d'un autre verbe. Comme, Il s'est sauvé en une maison; au lieu de dire, Il s'est sauvé, se retirant ou fuyant en une maison; ou, Il s'en est fui en
\ 1. In Vespasiano , c. IX. — La forme enhardir était dès lors plus usitée.
2. Ce verbe ne se trouve pas; mais on dit àXXriXoçôvoç et àX>7)Xoçov£a«
tion ; et, quant à celle qu'i en quel ordre je la devo aux grammairiens grecs, usage en la langue latin délibéré de suivre en ce Le second contiendra les deux langages ont tellen peult rapporter particulie à l'occasion de quoy J'ay estoit de les mettre a part que celui auquel ma men le troisième livre, j'ay r françoise, dont les uns grecs , les autres ont leur Au demeurant , quant tentionabfenesté,afin d que ceux que je penserais ver : m'asseurant tant ds dieux de ces te langue, c cercher le reste. Toutesfol pagné quelques miens p:
muns, les lecteurs qui cognoissance de la langu mauvais, ce me semble, de peine ; et à l'esgard de je leur conseille de passer mentaux endroicts où Ils i qui ne leur apporteront n gence de plusieurs passa qu'elles leur donneront de j desquelles je leur ose pr bon nombre, s'ils leur pla