‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 227 sur 256 · Yoy. par exemple, dans la Paix, v. 1061 (édit. Didot · texte numérisé non relu

Yoy. par exemple, dans la Paix, v. 1061 (édit. Didot

Nous disons souvent à ceux qui viennent vers nous , Qui vous a amené ici? ou, Quelle affaire vous a amené ici ? Et semblablement eux disent , Vous ne sçavez pas qui m'a amené ici. Je trouve ceste façon de parler estre grecque. Car Lucian, au dialogue intitulé 11; xorryiYopoufxevoç*, parle ainsi, xiç Sa 6p3ç, 5 'Epp.?j, âeïïpo xptia ^Y a Y ev > et toutesfois nous nous abuserions si nous pensions que ceste manière de parler fust de son creu : car nous lisons an IV e livre de Y Odyssée d'Homère,

Thtte Se ae XP 61 ** ^P' ^Y a Y e > TYjXé[/.«x' ^P*** » 'Eç ÀouceSa(jjLOva Stav , lis' eupsa vtoxa SaXacaiq; ; A>iatov, yJ tStov; xdSe (to\ vï)ji,epTlç fvtairc.

Item , au livre onzième du mesme poème, sans interrogation.

M^-cep ifjd), XP ew *> t* 8 **^Y a Y ev "* 'Afôao , Wvyri xpip^pcvov 07)êaiou Tetpeaîao.

J'ay aussi pris garde que la façon de respondre à ceux qui nous appellent (asçavoir quand nous disons, Qu'y a-il? ou, Qu'est-ce?) est conforme à celle des Grecs, ainsi qu'on peult veoir parce passage qui est tiré des Nuées d'Aristophane,

Erp. <ï>£tSncittSrj , OetSnmrtètov. — 4>êiô\ Ti, w 7caT£p ;

Or, je trouve que Terence aussi a suivi ceste mesme

1. C.-à-d. La double accusation ou les Tribunaux. Le premier titre vient de ce que Lucien se représente comme doublement accusé , d'ingratitude par la Rhétorique , d'une part , et , de l'autre , de violence par le Dialogue personnifié. Ce qui explique le second titre , c'est qu'on voit la Justice même présider à plusieurs tribunaux, où sont jugés différents procès auxquels sont mêlées les principales sectes de philosophie.

manière, usant ainsi de quid est, mais mettant au devant l'adverbe Item, Adelph. , act. II, se. iv 1 ,

CT. Heus, heus, Syre. — SY. Hem, quid est?

Nous usons aussi fort souvent de ces manières de parler, Que vous en soulciez-vous? ou, Que vous en chault-il? ou , Qu'en avez-vous à faire? ou , Que vous en est-il? lesquelles je trouve s'accorder du tout avec les grecques suivantes. Theocrite, au commencement de son xiv e idyllie ,

AI . Xat'pijv TzoXkit tov dtvSpa Bucovi^ov. — @Y. 'AXXa toi aôxw ', » Aî«r^iva. -AI. XU ^po'vtoç. - 0Y. Xpdvtoç • xi Se toi to fxéX7)(ia;

Le mesme auteur, au xv e idyllie,

HE. Ilauaaaô'j to ouaxavoi, àvavuta xamXXoiaat

Tpuyove; * éxxvaiffEuvxi 7cXaTetotffooicrat âfiravra.

TOP. M5 , 7toôev âvôp(«>7ro; ; Tiôlxlv, et xwxt'Xai eiixs'ç;

comme si elle disoit , Qu'en as tu à faire, si nous sommes babillardes?

Il m'a aussi semblé souventesfois (et me semble encor es) que les Grecs usans de leur ôpaç par forme d'interrogation , en la sorte que nous verrons es passages suivans, expriment ce que nous disons ordinairement, Voyez-vous pas? ou, Ne voila-pas mon compte? ou , Ne voila-pas ce que je disois? Or, quand nous usons de cest adverbe voila, i( est certain que nous ne nous esloignons point de la signification du verbe ôpav, qui est à dire veoir; car voila est autant que si on disoit voy-la:

t. Se. y, dans les éditions plus modernes.

2. D'autres textes offrent ici des leçons différentes , et particulièrement celle-ci : àXXà xv avxov...

comme voici, voy-ici. Je vien aux exemples. Lucian, au dialogue intitulé Xap<ov y\ iTrtaxoTtoïïvTeç : 6p8t< ; ovec- Siartxov touto i; t^v Te'xvY)v. Le mesme auteur, au dialogue appelé ÏIXoTov ^ efya( : Ôp3ç; §tà touto wxvouv etiretv  évevoouv , elSwç Jti iv Y^ WTl xa ^ ffxwjAjjiaTi irot^aeaôé jxou t^v eu^v. Il est vray que, es livres imprimez , il n'y a point de note d'interrogation après ôpgç en ces passages ; mais par la collation que j'ay faicte d'autres passages avec ceux-ci, j'ay trouvé qu'elle y convenoit fort bien. Toutesfois nous usons aussi sans interrogation de eest adverbe pour exprimer la mesme chose, quand nous disons , Voila bien mon compte, ou , Voila bien ce que je disois.

Comme ce ôpSfç, duquel je vien de parler, emporte reprehension , aussi fait x a P l ' EV » qui revient justement à ce que nous disons (en usant du mot de mesme signification) , Vous avez bonne grâce. Lucian , au dialogue de Char on et Menippe*, x a P iev ^Y««»ïva xa\ izkr^hi; èic\ toutcj) irap& tou Alotxou 7rpo<;Xa6co : comme qui diroit, Vous avez grâce, ou, Vous avez bonne grâce de dire cela. Xenophon, au I er livre de la Pœdie , yapfev ^ko,

&py), ei IvExa xpeaSuov t9) B^Yoexpl xbv iralSa <x7roêouxoXiq<raifAi :

comme si on disoit, Mais n'aurois-je pas bonne grâce de vouloir, etc., ou, Mais ne feroit-il pas beau veoir que, etc. Et comme ceste façon-la de parler tient de l'ironie, aussi en tient ceste-ci , touto p.ot èri Xot7ubv ?jv, ce que nous disons, 11 ne me falloit plus que cela ; et quelquesfois , il ne me falloit plus que cela pour m'achever de peindre. Lucian, au dialogue intitulé rapt 'Opxifaewç 1 ,

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