‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 34 sur 256 · XXXV · texte numérisé non relu

XXXV

serve. Voici dans quels termes il s'exprime en tête de son Trésor de la langue latine , qu'on a nommé , comme plus tard le Trésor grec, un vrai travail d'Hercule : « Ingénue fateor nibil hic inesse de meo , praeter laborem et diligentiara. » Était-il aidé dans la composition de ses ouvrages, il se gardait de le dissimuler et de s'attribuer ce qui ne lui appartenait pas. Il s'est plu ainsi à reconnaître généreusement le concours actif que lui avait prêté un savant modeste , Thierry de Beauvais , en s'associant à ses immenses recherches.

En 1556 , il avait été admis, gratuitement contre l'usage, au titre et aux privilèges de la bourgeoisie genevoise 1 : hommage rendu tout à la fois au typographe qui avait si chaudement embrassé la cause du protestantisme et aju savant qui avait si fort agrandi le champ de la philologie. Douée du génie scrutateur qui a caractérisé la réforme 2 , Genève l'avait appliqué, en effet, aux écrivains de l'antiquité profane comme aux textes des saintes Écritures : de là son goût pour les études classiques ; ses nombreux érudits ; la vogue de ses écoles et de son académie dont les fondateurs furent de Bèze et Calvin. Robert, ami de ces deux chefs de secte , seconda principalement à merveille , au moyen de ses publications , l'influence du dernier , moins impétueux que Luther, et possédant, avec une persévérance aussi opiniâtre et autant d'ambition , plus d'art et de méthode. Mais on regrette que son dévouement trèssincère au dictateur religieux et politique de Genève l'ait entraîné à être du parti des persécuteurs et des

1. Senebier, ouvr. cité, t. 1 er , p. 353. — Son fils lui succéda dans ce droit : ibid. , p. 363.

2. C'est dans ce sens que Chateaubriand a dit du protestantisme qu'il avait été un accoucheur d'esprits : Étud. historiq. , Analyse raisonnée de l'histoire de France : François I er .

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