‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 35 sur 256 · XXXVI · texte numérisé non relu

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bourreaux , lorsqu'il s'était plaint d'avoir été si longtemps de celui des persécutés.

A cette époque, il est vrai de le dire, l'intolérance était trop souvent l'arme commune de toutes les Églises chrétiennes, Calvin , après avoir déclamé contre les bûchers , les alluma. Confondant , comme il le reprochait à ses adversaires, ses propres convictions avec la vérité éternelle, il fit brûler Servet, coupable de ne pas partager tous ses sentiments. Il est triste d'ajouter que Robert , loin de désavouer ce meurtre , poursuivit jusqu'à la mémoire de la victime. Animé d'une haine qui survivait au supplice , il fit chercher à la foire de Francfort, pour les détruire, tous les exemplaires des livres de ce malheureux 1 . Lorsque, dans son fameux traité de Hœreticis gladio puniendis, de Bèze vint en aide à l'apologie que Calvin avait faite de sa propre conduite , Robert Estienne fut son imprimeur 3 . Auparavant de Bèze avait été mieux inspiré , lorsque sous le nom de Passavant, dans son épître adressée au président Lizet, où son latin macaronique parodiait le langage barbare dont se servaient les théologiens, il avait raillé finement ceux de Sorbonne d'avoir laissé Robert s'échapper de leurs mains 3 .

i.'Voy. à ce sujet le t. IX des Amœnitates lilterariœ de Schelhorn, p. 724.

2. Ainsi plus tard Henri Estienne, sous l'influence des mêmes haines religieuses, eut le tort d'imprimer des vers à réloge de Poltrot , le meurtrier de François de Guise (ces vers ont été attribués sans preuve suffisante au célèbre Adrien Turnèbe) : tort d'autant plus répréhensible que le cardinal de Lorraine, le frère de François de Guise, avait été l'un des protecteurs de la maison des Estienne , et en particulier de Charles , qui reconnaissait son patronage en se disant son imprimeur.

3. Dans cette épître satirique, Epistola magislri Benedicti Passavantii, des discussions théologiques sont mêlées au plaisant

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