‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 55 sur 256 · in- fol. ; v. la préface · texte numérisé non relu

in- fol. ; v. la préface

2. Ainsi J. J. Rousseau , dans ses Confessions , part. H , Ht. X : « Pendant un hiver assez rude, au mois de février (1758) , j'allais tous les jours passer deux heures le matin et autant l'après-dlnée dans un donjon tout ouvert que j'avais au bout du jardin où était mon habitation (à Montmorency)... Ce fut dans ce lieu pour lors glacé, que, sans abri contre le vent et la neige, et sans autre feu que celui de mon cœur , je composai dans l'espace de trois semaines ma Lettre à d'Alembert sut les spectacles. *

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celle des banquiers lui fut ouverte. Les riches, en effet, se piquaient souvent alors, aussi bien que les grands, de couvrir l'intelligence de leur patronage. L'amour de la gloire les y conviait : car leur souvenir, par ce noble emploi de leur opulence , était associé à la célébrité des hommes de pensée et d'étude. Aux exemples des Médicis remontaient les traditions de cette protection habile que les financiers s'honorèrent de conserver aux lettres jusqu'à la fin du xvm e siècle , et qui a péri comme toutes les autres.

Le fameux négociant d'Augsbourg, Huldrich Fugger, fut , dans Cette époque , le Mécène de H. Estienne : il lui accorda des secours annuels 1 et des gratifications extraordinaires , qui ont valu à son nom l'avantage d'arriver jusqu'à nous. Ce financier , d'un esprit et d'un cœur élevés, joignait à l'amour de la littérature et des arts une brillante fortune qui lui permettait de les encourager par ses largesses 2 . Aussi Henri se qualifia-t-il d'imprimeur de Fugger , et quelquefois même des Fugger *, jusqu'à la date de 1 568 , où les relations du patron et du client furent brusquement interrompues, au détriment du public 4 . Mais, pendant le cours de dix ans , Fug-

1. Ceux-ci consistaient, à ce qu'il parait, dans une rente de 1 50 thalers ou écus : somme qui , pour le temps , n'était pas à dédaigner.

2. On peut consulter sur lui de Thon , t. IX, p. 260 , de la traduction française, Londres, in-4°.

3. Plusieurs autres membres de cette famille encouragèrent en effet les lettres. Ce fut Antoine Fugger qui engagea Jérôme Wolf à traduire les Annales de Zonare , comme l'atteste la préface de ce traducteur : « Fateor equidem ad convertendum Zonaram , praemiis a te propositis eoque tempore mini peropportunis, initio excitatum me potius quam meapte voluntate accessisse; »

4. Lorsque la source de ces libéralités eut été tarie, H. Estienne écrivait avec regret à l'un de ses amis , Crato de Craftbeim (voy. la

( »v ) ger, d'un dévouement sans bornes à Henri Estienne, non content de mettre à sa disposition les rares curiosités de sa bibliothèque , les médailles et les manuscrits de toute espèce qu'il avait amassés à grands frais, concourut à entretenir l'activité de ses presses, en lui faisant imprimer pour son compte plusieurs ouvrages importants. Le typographe, reconnaissant des faveurs de Fugger, stimulait sa bienveillance par de justes éloges et lui dédiait , avec les Novelles de Justinien , quinze livres de la Bibliothèque historique de Diodore de Sicile , dont la plupart, comme on Ta dit, étaient encore inédits 1 . Ce dernier travail parut peu avant la mort de Robert , survenue au mois de septembre, en 1559, année fatale aux souverains , qui vit périr le roi de France Henri II, Christiem III, roi de Danemarck, et le pape Paul IV. On sait avec quelle vivacité Henri , plein d'attachement et d'admiration pour son père, ressentit ce malheur, où sa piété filiale lui montrait une calamité publique : a trépas funeste, d s'écriait-il à quelque temps de là 2 , en empruntant, pour exprimer sa douleur, les formes de l'éloquence antique, « de quels nobles efforts n'as-tu pas rompu le cours! que d'admirables ouvrages n'as-tu pas enviés aux hommes 1 quel coup tu as porté aux trois langues savantes et aux écrivains qui les ont illustrées! » La typographie et les lettres, partout où elles étaient en

IX 4 des lettres latines de H. Estienne, publiées à Brcslau par M. Passow en J 830) : « Utinam vero mini Maecenatem aliquem , qui me ad praeclarorum operam editionem adjuvaret, nancisci possesl »

1. Toutefois Amyot venait de les faire connaître dans sa traduction française de Diodore , qui a précédé le texte grec donné par H. Estienne.

2. Novi Testamenti catholica expositio, 1562, in-P, Épttre préliminaire.

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