‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 86 sur 256 · CXIII · texte numérisé non relu

CXIII

Paris les gens du bel air ne parlent plus autrement. Ajoutez que , non content de prodiguer les mots d'invention récente, il change la prononciation dans ceux des nôtres qu'il conserve, de manière à les rendre méconnaissables 4 . Las de discuter sans pouvoir s'accorder entre eux, chacun prétendant s'exprimer dans le meilleur français, ils conviennent d'aller visiter un ami commun, Philalèthe, en vue d'exposer leur différend à cet arbitre éclairé et de se soumettre à son avis. L'heure n'étant pas favorable pour se présenter ehez lui, ils continuent, en attendant, leur entretien, qui , des questions de grammaire se détourne à d'autres sujets. On apprend qu'à l'exemple des formes de langage, les coutumes et les modes italiennes s'étaient répandues en foule parmi nous : très-ridicules pour la plupart et que le monde avait, accueillies avec d'autant plus d'empressement. Philocelte, qu'un voyage avait éloigné depuis quelque temps , est désireux d'apprendre les changements survenus pendant son absence , les goûts et les nouveautés qui s'étaient produits. De là des détails piquants sur les bizarreries de cette époque qui choquaient fort la simplicité des vieux Français, sur la fraise à triple rang, les canons plissés, les cheveux relevés depuis la racine et dressés en raquette , le rouge et le blanc que venaient d'adopter les dames, et leurs paniers grotesques 2 . On se dirige enfin vers la maison

1 . Par exemple, on disait mattàart pour maubert , chouse pour chose, dret pour droit: ce dernier usage a duré fort longtemps et dans le meilleur monde (les courtisans de Louis XV affectaient encore cette prononciation).

2. On sait, a dit La Harpe, qu'à la fin du xvi e siècle « livres, jeux, spectacles, vêtements, tout fut en France italien ou espagnol : » Cours de littérature, Introduction à la seconde partie, ou Discours sur l'état des lettres en Europe.

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